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"Histoires de courses"

c'est l'espace où chacun peut en quelques mots partager ses émotions lors d'un entraînement, d'une sortie en extérieur, d'une course. C'est un message en réponse à un récit, pour faire simple : c'est un espace de partage.

LA SAINTELYON 2017 par Sylvie

LA SAINTELYON 2-3 décembre 2017

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voulais revenir sur quelques éléments historiques qui font de cette course un Monument de la course à pied en France.

Le mythique raid nocturne entre Saint-Etienne et Lyon est la plus ancienne des courses d’ultra, et la plus grande course nature de l’hexagone en termes de participants. Elle fête cette année sa 64ème édition et compte pas moins de 17 000 participants sur les différentes courses du week-end :

-              la saintétic 12 km

-              la saintésprint 22 km

-              la saintexpress 44 km

-              la saintélyon solo 72 km 1930 m D+/2250 m D-

-              la saintélyon relais 2/3/4

 

 

Trail et course sur route à la fois (35% de routes et 65% de sentiers), la Saintélyon est un rendez-vous culte réunissant chaque année toujours plus de participants. Y participer un jour fait partie des grandes étapes qui jalonnent le parcours d’un coureur à pied. C’est donc tout naturellement que j’allai m’y inscrire un jour, et ce fut cette année J

 

Après mon retour du GR20 en septembre, c’est en grande forme que je suis rentrée et désireuse de mettre à profit cette énergie  pour m’engager sur une course en fin d’année. N’étant pas préparée pour Les Templiers en septembre, j’optai donc pour la Saintélyon qui était aussi depuis longtemps dans un coin de ma tête.

La décision prise, je m’empressai d’envoyer un mail aux amis jacquolandins, mail qui tomberait qui plus est, dans les innombrables propositions de début de saison. Car l’équipe de St Jacques Footing était plus que motivée, avec de nombreuses propositions de trails,  qui se suivaient de semaines en semaines, toutes plus motivantes les unes que les autres !

Ce sera Pierrick qui répondra présent pour me suivre dans cette belle aventure.

 

Une fois l’inscription et la logistique de transport gérées, j’optai pour un plan de Bruno Heubi, plan qui sera également choisi par Pierrick, sur une base de 4 sorties par semaine, avec une séance de fractionné, une séance de VMA et 2 sorties longues. Le plan ne sera pas facile à tenir car il n’est pas toujours aisé de conjuguer travail et entraînements, surtout sur la période hivernale où il fait nuit tard le matin et tôt le soir.

Finalement, nous partirons sereins car le travail aura été réalisé.

 

Le départ se fera avec Pierrick de la gare de Rennes le samedi 2 décembre 7h30 pour arriver sur Lyon vers 11h30. Nous filâmes de suite à la halle Tony Garnier pour récupérer nos dossards et pouvoir ainsi commencer à nous mettre dans l’ambiance. Petit tour du village expo où nous récupérâmes au passage de nombreuses autres idées trails !! Passage par le stand de l’ultra marin du Golfe du Morbihan : 2 dossards à gagner pour le 177 km, on tente notre chance, qui sait, le destin décidera peut-être pour nous… même si pour moi, la décision est quasi prise ! Mais ne brûlons pas les étapes, et attelons-nous à cette aventure de nuit avant de se projeter sur d’autres aventures !

 

Dès 15h30, nous décidâmes de prendre la navette qui nous emmène sur Saint Etienne pour le départ. Nous pouvons ainsi profiter de la fin de journée pour nous préparer tranquillement, et surtout tenter de nous reposer, et de dormir un peu, car la nuit risque d’être longue !

Pour ma part, j’appréhende cette nuit blanche, n’ayant que très peu d’expériences de course de nuit (1 nuit entière une année sur le 86 km du Morbihan, et une ½ nuit pour les 100 km de Millau).

Le hall dans lequel nous nous installons est froid, beaucoup de participants ont pensé à leur duvet, ce qui n’est pas mon cas : erreur de débutante ! Casse la tienne, je me change dans ma tenue pour courir, et remets toutes les couches que je peux sur moi histoire de conserver mon corps à une température correcte ! Allongée sur des chaises dans des gradins, nous tentons Pierrick et moi-même de nous endormir pour quelques temps. Nous n’arriverons au final qu’à reposer nos yeux et nos corps, l’excitation étant sûrement trop présente.

20h : Pasta Party de rigueur, histoire de réchauffer nos corps, et emmagasiner de l’énergie.

A ce moment précis, le hall d’exposition s’est remplie au fur et à mesure du va-et-vient des navettes, il reste encore des participants à arriver, des gens du cru selon moi, ou des habitués !

Un point très positif que je me permets de soulever, car il est  tellement rare de pouvoir le souligner : aucune file d’attente pour se rendre aux toilettes des femmes, contrairement aux hommes !

Je mettrai un peu de temps à comprendre…le nombre d’hommes inscrits sur la course des 72 km est beaucoup plus important que les femmes, pas de parité pour le coup !!

 

L’heure du départ approche, Pierrick et moi-même décidons de partir dès le début, des sas de départ sont organisés à partir de  23h30 toutes les 10 minutes. Dans cette attente du départ, une pensée me revient. Les organisateurs, à la prise des dossards, parlent de la chance cette année de pouvoir côtoyer  « l’authentique Saintélyon » ; nous, Bretons arrivant tout droit de notre belle région tout au plus « humide », n’avons pas saisi tout de suite de quoi il en retournait exactement.

Mais très vite, nous comprîmes… notre douleur ! Et cela se traduisit rapidement sur les 40 premiers kilomètres où nous côtoyâmes neige, froid, vent, verglas… Autant dire des conditions de course quasi inconnues  pour nous !

 

 

C’est donc à minuit pile que nous nous engageons pour cette nouvelle aventure, emmitouflés comme jamais pour affronter ces conditions hivernales. Les premiers km sont grisants, nous tentons de nous réchauffer en courant, mais il s’avèrera difficile sur ces premières dizaines de kilomètres de sentir les extrémités du corps.

Une fois n’est pas coutume, les premiers 10 km passeront très vite, avec un rythme correct malgré le monde. C’est d’ailleurs très vite que nous comprendrons que nous ne serons jamais seuls à courir.

 

Le 1er ravitaillement arrive après 16 km de course,  à Saint-Christo-en-Jarez, 810 m d’altitude. Il sera difficile d’atteindre les tables de ravitaillement, prises d’assaut par les nombreux participants. Il en sera d’ailleurs de même tout du long du parcours.

Des ravitaillements bien complets, avec sur certains de la soupe chaude, du thé, du café. Pour ce premier, je bois un verre de Coca. Je sens que le démarrage pour moi est plus long à se mettre en place (le diesel a dû mal à se mettre en route J), j’ai toujours froid, et surtout mal au ventre. Rien ne passe à part le verre de Coca Cola, je ne me formalise pas plus, me disant que j’ai encore un peu de marge pour que l’appétit revienne. Pierrick de son côté est dans son élément, pour ces premiers kilomètres, il gambade plutôt de manière aisée. Hélas, cette danse du cabri ne va pas durer.

 

Nous gravissons les crêtes des monts du Lyonnais, au cœur d’un immense ballet de frontales, ce qui représente les  moments les plus magiques de cette course !

Plus nous montons, plus le vent est glacial. La neige tombée il y a à peine 2 jours est encore bien présente, recouvrant ces monts d’un manteau blanc immaculé. Les paysages sont beaux à la lueur de nos frontales, mais nous profitons que trop peu de ce qui nous entoure, trop occupés à regarder où l’on pose nos pieds… Hé oui, car le verglas a fait son apparition, et c’est jusqu’au 40ème kilomètre que nous devrons courir… que dis-je, « marcher sur des œufs » pour éviter de ne glisser.

Peine perdue, les glissades iront bon train. Le match sera serré, mais Pierrick l’emportera haut la main avec une douzaine de glissades et cavalcades contre 4 pour moi ;-)

Avec le recul, on peut en rire maintenant, surtout qu’à part des bleus, nous ne nous sommes rien cassés. Mais sur le moment, croyez-nous, on a ragé ! Et pas seulement nous, l’ensemble des participants n’en pouvait plus de ces descentes dignes d’une piste de bobsleigh. C’est d’ailleurs sur les fesses que cela s’est terminé, et la technique fonctionnait plutôt pas mal !

 

Cette première partie de course se passa dans des conditions difficiles, et sincèrement le plaisir nous avait quitté à ce moment-là. D’autant que de mon côté, le mal de ventre ne passait pas. Je m’obligeais donc à prendre des médocs et potion magique pour rebooster la « gazelle », car j’étais vide de toute énergie, avec de surcroît cette idée que je n’arriverai pas à terminer la course, une première dans ma vie de coureuse ! Et cette idée ne m’a pas quittée tout au long de ces premiers kms. C’est la première fois que j’ai dû gérer ce sentiment aussi tôt dans une course et aussi longtemps. Mes objectifs étaient les ravitos, en pensant aux navettes qui étaient présentes pour les abandons. Bien entendu, je ne l’ai pas exprimé aussi clairement auprès de Pierrick, lui exposant juste mes problèmes digestifs et mon manque d’énergie.

Malgré tout, j’ai réussi à ne pas succomber à la tentation de prendre ces navettes, et me suis accrochée en silence à mon acolyte, en lui assénant cependant à quelques reprises qu’il pouvait sans problème « tailler la route », que l’on se retrouverait sur la ligne d’arrivée !

Alors qu’au plus profond de moi, je savais pertinemment que seule, j’aurai probablement décrocher.

Et je l’en ai remercié après course J Sa présence a fait pour beaucoup dans cette réussite de ma course.

 

Et cela aurait été bien dommage d’abandonner, car, à mi-parcours, quand nous nous apprêtions à redescendre vers Lyon, les conditions météorologiques sont devenues plus clémentes. Et mon état physique aussi !! La gazelle a retrouvé ses bonnes sensations, et les 30 kms qui ont suivi ont permis de retrouver une allure plus régulière et de courir davantage, ce qui n’était pas pour déplaire aux guiboles !

Cela a été à mon tour d’encourager Pierrick pour qui les nombreuses chutes avaient laissées quelques traces. Nous prîmes les kms dizaine par dizaine, entrecoupés par les ravitaillements où nous pouvions boire du chaud. Mais nous avions retrouvés une belle allure, marchant d’un bon pas dans les côtes, et trottinant dans les descentes. On a pu se faire plaisir sur les derniers kilomètres en accélérant le pas. Sauf bien entendu dans les escaliers qui nous attendaient sur la fin… nous avons eu d’ailleurs une pensée dans ces moments de « grimpette » pour ce bénévole, Gilles, qui a tracé ce nouveau parcours, et qui malheureusement est décédé une semaine avant le départ de cette édition 2017 de la Saintélyon. Il a dû sourire en nous voyant crapahuter  dans ces montées ! Il aurait selon les dires de l’organisation,  avant son décès, tracer le nouveau parcours pour 2018… ça promet J

 

Enfin, voilà, un final main dans la main , et une traversée de l’arche après 12h de course !!

Avec cette satisfaction d’un nouveau défi accompli de dépassement de soi ! En allant chercher une nouvelle fois au bout de moi-même, différent des autres fois, avec de nouvelles barrières à vaincre, mais au final avec toujours ce même sentiment d’épanouissement total, d’être en phase avec moi-même.

Et avec encore et toujours d’autres envies, de d’autres distances, d’autres paysages et de nouvelles découvertes et de partages J

 

Je terminerai ce récit avec quelques remerciements :

Un MERCI tout particulier au seul assez dingue pour me suivre dans cette aventure en plein hiver, en pleine nuit, et en pleine montagne ! MERCI Pierrick J

Un MERCI tout aussi chaleureux aux coureurs de St Jacques Footing et à leurs nombreux encouragements qui nous apportent motivation et réconfort dans ces aventures !

Encore un MERCI à ma soeur, à qui je fait passer de mauvaises nuits avec mes bêtises J

Et un Merci aux ami(e)s : c’est grâce à leurs encouragements et aux différents messages avant et après course que je mesure  la beauté de ce que je viens d’accomplir J

 

 

 

 

 

LA SAINTELYON 2017 par Pierrick

SAINTELYON 2017

Cela faisait des années que la SaintéLyon était dans un coin de ma tête, mais le principe de la course était un point bloquant : courir 72 km, essentiellement de nuit, en décembre, probablement dans la neige et le froid n’était pas des plus réjouissant. Lorsque Sylvie en parle et s’inscrit, je prends la trace. Nous serons donc au départ de la 64ème édition, la plus ancienne course nature de France.

Pour notre préparation nous nous basons sur un plan d’entrainement de Bruno Heubi spécialement adapté à cette épreuve. Les 2 mois d’entrainement se passe très bien, en fonction de notre disponibilité, pour partageons principalement nos entrainements du weekend (VMA longue, sortie longue et une dernière sortie au Boël de nuit). Tous les signaux sont au vert : pas de blessure, de bonnes sensations et une bonne fraicheur physique.

 

Samedi 02 décembre – 7h30 – Rennes / Lyon

Départ en gare de Rennes pour 4h de train en direction de Lyon. Un métro plus tard, on se retrouve à la halle Garnier pour le retrait des dossards et des cadeaux de bienvenu : tour de cou et chaussettes aux couleurs de la SaintéLyon. Photos au traditionnel mur des coureurs. Passage dans l’allée des organisateurs, où de belles escapades sont proposées. Un billet dans l’urne du Raid du Morbihan, pour gagner un dossard pour juin prochain et ainsi économiser une inscription !!!! Pique nique en face de l’arche d’arrivée. A n’en point douter nous y seront mais au vue des conditions météo en combien de temps et dans quel état ?

 

Samedi 02 décembre – 17h00 – Lyon  Halle Tony Garnier/ St Etienne Parc Expo

Départ de la navette en direction de St Etienne. 45mn plus tard nous nous retrouvons dans le parc exposition, nous nous installons dans un coin des tribunes, qui sera notre « camp de base » pour les 7 prochaines heures. Pasta party à 19h00, un peu de chaud nous fait du bien dans cet immense parc qui peine à chauffer. Une longue attente nous attend dans le froid, les coureurs continuent d’arriver, en fin de soirée nous serons 6700 à attendre la délivrance. Les infos météo données par des vtt qui reconnaissent le terrain, sont inquiétantes : de la neige, du verglas, un thermomètre qui affiche -10° et des vents à 50 km/h sur les hauteurs. Je n’hésite plus : je prends les vêtements les plus chauds que j’ai amener et je triple les épaisseur sur la tête et le cou. Nous essayons de nous reposer mais le bruit et le froid ne sont pas les meilleures conditions. A H-1 nous remettons nos sacs dans les camions pour le retour à Lyon. L’organisation est au top.

 

Samedi 02 décembre – 23h40 – St Etienne – ligne de départ

Nous sommes dans la longue file d’attente pour le départ. Arrivée assez tôt nous sommes malgré tout dans le 3éme sas et notre départ sera donné à minuit. Il est toujours difficile de décrire ces minutes qui précèdent un départ de course. J’ai simplement confiance en moi, satisfait d’avoir fait le bon entrainement sans avoir connu la blessure, heureux d’avoir à mes côtés Sylvie, on a le même niveau, la même envie de réussir notre course et nous saurons nous entraider et nous motiver pour aller au bout de ce beau défit. Je sais que la « gazelle » sera au rendez-vous. Que l’aventure commence.

 

Dimanche 03 décembre – 00h02 – St Etienne / St Christo en Jarez – 15,8km – D+ 495m

Le départ est donné pour notre sas. Les 1ers km défilent à bon rythme, nous sommes dans l’euphorie du départ, il règne une ambiance cool dans le peloton, encore des rires et des blagues échangés. Du bitume sur 7 km et déjà les lumières de Lyon disparaissent. Le peloton s’étire, notre bon début nous évite de nous retrouver dans les ralentissements inévitables à l’arrivée du 1er sentier. Vient la 1ére belle difficulté, 1,5 km de montée et 180m D+ à avaler. Suit un mix de sentiers plus ou moins techniques, de côtes et descentes, de jolis points de vue. Longue trainée des frontales offre un spectacle saisissant. Nous arrivons sur le 1er ravito en 1h55, la vitesse est encore flatteuse 8,20 km/h ! Le froid a gelé partiellement mon bidon de boisson et je n’ai pratiquement rien but depuis le départ. Sur le ravito les boissons sont glacées, pas de boissons chaudes sur ce ravito et il est donc difficile de se ravitailler correctement. Sylvie en profite pour changer les piles de la frontale, avoir une bonne visibilité pour les prochains km est primordial.

 

Dimanche 03 décembre – 01h58 – St Christo en Jarez/Ste Catherine – 12,4km – D+ 355m – Classement 4570

A la sortie de Saint-Christo-en-Jarez, nous empruntons un long sentier en balcon, la neige a fait son apparition et les 1ères glissades sont au rendez-vous. Courir dans la neige s’avère relativement facile, mais sur la glace rien n’y fait. Les cailloux et roches sont recouverts de glace et à la moindre erreur c’est la chute assurée. Les montées, si, elles tirent sur les cuisses restent un moment de répit tant les descentes que j’affectionne habituellement, sont source de danger et de chutes. La descente sur Ste Catherine  s’avère particulièrement périlleuse. Sans boisson, car le bidon s’est transformé en un bloc de glace, j’ai hâte de prendre une boisson chaude, un thé voir un potage. Sylvie ne dit rien ou presque mais je vois que les signaux sont à l’orange. Elle m’encourage à « faire ma course » un signal fort pour une « gazelle » habituée à mener bon train. Et quand on me dit de partir .... je reste. La course vient de commencer et si on veut voir la ligne d’arrivée, il est primordial de rester ensemble. Sur du long, il faut être patient. Les coups « de moins bien » finissent toujours par passer. Reste à savoir quand ! Je reste attentif à sa course, je la laisse gérer son effort, à son rythme. Ma présence est, je l’espère, un encouragement suffisamment fort, pour l’aider à continuer. Et elle continue...

 

Dimanche 03 décembre – 04h06 – Ste Catherine / St Genou – 13,8km – D+ 427m – Classement 5307

A la sortie du gymnase de Sainte Catherine, nous attaquons directement la montée vers Brûle Fer, une grimpette qui fait mal aux jambes. Suit une succession de montée/descente en sous bois. Les glissades sont au rendez-vous une nouvelle fois. Pour assurer la progression, le plus simple est souvent de s’assoir par terre et de se laisser glisser sur les fesses sur quelques mètres. Depuis le St Christo, j’ai pris une douzaine gamelle sans compter les reprises de justesse souvent aidées par les autres concurrents. De son côté, Sylvie a fait mieux en limitant la casse à 5 ou 6 chutes.  Après un court passage sur le bitume, nous amorçons la montée vers le Signal de Saint-André (point culminant de la SaintéLyon avec ses 930m d’altitude). Parvenu au sommet, nous apercevons les lueurs de la région lyonnaise. Un spectacle éblouissant.

 

Dimanche 03 décembre – 07h11 – St genou / Soucieu – 12km – D+ 244m – Classement 5484

 KMA la sortie du ravitaillement, une belle descente sur un chemin bien tracé le long des pâturages, avant au village de Rontalon. En se rapprochant de Lyon, et, en descendant dans la vallée, la neige et le verglas disparaissent peu à peu. La course à pied reprend enfin ses droits. Que c’est bon de courir et de se sentir ferme sur ses appuis. Un tracé en sous bois nous permet de rejoindre le Bois de la Dame. Suit une brève mais abrupte montée de 500 m jusqu’aux Combes. Arrive Soucieu en Jarrest et un ravito synonyme de boissons chaudes. Après le passage de 5000 coureurs le choix en « solides » est restreint, un peu de « salé » m’aurait fait un bien fou. Globalement les ravitos ne seront pas à la hauteur du reste de l’organisation. Je profite de ce ravito pour faire le ménage dans mes bidons de boissons. Je sors les blocs de glaçon et en profite pour les remplacer par du coca. La fin est encore à 20km et il paraît qu’il ne faut pas prendre à la légère la fin du parcours. Nous avons amorcé notre longue descente sur Lyon mais 2 ou 3 raidillons sont encore en programme. Après les longues montées/descentes, il nous faudra faire face à des murs à forts pourcentages

 

Dimanche 03 décembre – 08h47 – Soucieu / Chaponost – 10km – D+ 175m – Classement 4992

Après être sortit de Soucieu, nous longeons des vergers de pommiers. Le rythme est bon, chaque plat est couru entre 9 et 10 km/h, les montées sont systématiquement marchées. Nous retrouvons les allures de courses que nous avions imaginées. Arrive Chaponost et le dernier ravito de la course. Nous faisons le plein de calories, doubles potages au programme, coca dans le bidon, des miettes de chips et de saucissons. Plus de 10 000 coureurs sont passés par ce ravito ! Direction Lyon pour les 10 derniers km.

 

Dimanche 03 décembre – 10h14 – Chaponost / Lyon – 11km – D+ 254m

A la sortie du ravito, on entre dans le parc du Boulard. On retrouve ensuite les sentiers longeant l’étang. On franchit le ruisseau et on sort du parc par un étroit sentier en pente, humide et caillouteux. Les descentes commencent à me faire réellement mal au genou droit. Et ce n’est que le début ! La dernière côte du parcours est redoutable, elle grimpe d’abord le long du majestueux aqueduc romain, entre 16 et  18 % sur plusieurs centaines de mètres, avant de s’adoucir progressivement. Dernier passage dans un parc avant un long escalier de bois puis un autre raidillon. Chaque descente est un enfer, Sylvie imprime un bon rythme et j’essaie de rester au contact le mieux possible dans les descente. Nous profitons des montées pour nous regrouper et reprendre un très bon rythme sur les parties planes. Arrive les marches du Chemin du Grapillon, un interminable escalier en descente. Les quadriceps vont bien, mais le genou est à l’agonie. Le magnifique musée des Confluences est sous nos yeux, la halle Tony Garnier juste derrière. Les derniers km nous emmènent sur les bords du Rhône, puis un dernier escalier pour prendre le pont Raymond Barre. Le panneau du dernier kilo est annoncé, nous mettons les gaz pour finir notre course en 12h00. Le dernier kilo fera en réalité 1,8 km et il sera parcouru entre 10 et 11km/h. Un moment sublime après les difficultés de la course, un réel plaisir de partager avec Sylvie ces derniers hectomètres à fond les ballons, sous les applaudissements et encouragement des nombreux supporters à l’abord de la halle. L’arrivée sous l’arche, main dans la main avec Sylvie couronnera une course difficile et exigeante. Un moment exquis, inqualifiable. On se sent léger après tous ces moments de tensions et d’effort.

 

 Dimanche 03 décembre – 12h00:34 – Lyon – 73,10km – D+ 1950m – Classement 4560

Je remercie Sylvie pour avoir partager cette course à mes côtés. Fidèle compagne tout au long de ces km. Nous avons eu nos hauts et nos bas, chacun à tour de rôle et notre entente, notre complicité tout au long de la course nous a permis de franchir les obstacles et de finir en beauté une course rendue très difficile par une météo hivernale. Je pense que c’est la course où j’ai connu les pires conditions climatiques.

 

Finir en 12h00 était la fourchette basse de notre estimation, mais à mi parcours nous étions plutôt sur le base de 13h/13h30 tant la partie glacée nous a freinée dans notre progression. Après avoir perdu près de 1000 places entre le 15ème et 40ème km dans la neige et le verglas, les 30 derniers km nous ont permis de nous libérer, de finir correctement la course et de retrouver notre classement du début de course.

 

Merci à vous jacquolandins, qui par sms, facebook, nous ont encouragés tout au long de ce week-end. Votre présence nous a ému et soyez en mille fois remercié.



LE GLAZIG 2017

La machine à laver tourne, programme avec prélavage obligé ! j’attends de voir comment ça va sortir, un lavage bis est à prévoir vu l’état des fringues, de toutes les fringues ; aucune n’échappe à la règle !

On y aurait bien mis aussi nos pieds …. Heureusement ce n’est pas la saison des sandales !!!

En effet, comme vous avez tous bien suivi la météo, vents violents, pluie averse et température fraiche, voire très fraiche avec le vent !!! hé ben oui, nous y étions ! et pas qu’aujourd’hui, Régine et Nathalie ont découvert une partie du chemin, de nuit sur 9 km hier soir ! les courageuses dont le message à l’arrivée était ‘hé ben demain, on va en …. baver…’ pour rester polie. Nous, les pieds dans la boue, nous les avons attendues, et franchement, faut être à plusieurs et avec un bon esprit d’équipe pour oser envisager la poursuite de l’aventure !

Qu’à cela ne tienne, nous sommes toutes les 5 sur la ligne de départ à 9H30, sous la pluie et le vent…. En 5 mn, nous sommes déjà bien recouvertes de boue… sans compter les plus pressés qui vous poussent et vous éclaboussent ! pffttt on oublie le côté girly les filles, et on y va droit devant ! c’est plus rigolo ! …. Sauf que ça va durer sur toute la course, et à la fin… y’a marre des (mais non, pas des malabars) des côtes, de la bouillasse… mais bon, il faut tenir !

Nos 2 copines, Régine et Nathalie, taillent la route et Emma, Claudine et moi poursuivons notre chemin, tranquilou mais souremou, non sûrement !... un départ tout en douceur, Emma trouve le bon tempo, ça suit… ça monte, et donc ça descend…. Et 1 premier ravito au 7ème km… De la plage, du sable, des escaliers, une vue magnifique sur la mer ‘démontée’…. Mais bon faut avouer qu’on n’en profite pas vraiment, car on doit regarder où on pose le pied, entre les flaques (c’est peu de le dire) les racines, les cailloux… hou hou ça fait beaucoup ou ou ou ou …. Donc, le 2ème ravito, près de la chapelle (pour les initiés) et voilà notre Emma qui démarre, soucieuse malgré tout de son amie Claudine, … je la rassure, car après un coup de mou, Claudine  saura repartir et s’accrocher pour rejoindre l’arrivée….. bon, nous sommes maintenant toutes les 2 et les difficultés s’enchainent…. Faut serrer des dents, avoir quelques notions de patinage… d’équilibriste …. Et ainsi vont les Kms, …. Ne restent plus que 6,5 km … chouette… seulement la gadoue va se transformer en vasière géante… jusqu’au mollet…. Ça continue de monter et de descendre…. Ça devient difficile, les muscles commencent à fatiguer avec ce terrain auquel nous ne sommes pas vraiment habituées…. La petite rivière à remonter du Boël …. Pfffttt  vraiment du pipi de chat…. la prochaine fois, au milieu toute !  …. Enfin, on me comprend….. Claudine a une volonté à toute épreuve face à ces raidillons en dents de scie …. Heureusement, on entend le speaker tout à ses commentaires sur les heureux finishers…. Bientôt, ce sera pour nous….. mais avant, nous devrons franchir quelques obstacles dignes de Kolhanta ….. on tire, on pousse, on soupire, on tousse…. Allez Claudine, on ne lâche rien, on tient…. Ce n’est que du bonheur….. ???  le fin me galvanise et Claudine suit  même si je sens qu’elle reste dubitative sur mon enthousiasme légendaire de fin de course….  Des trous d’eau, des passages de rivière…. Gla gla….cependant, l’arrivée se rapproche et c’est main dans la main que nous finirons, heureuses d’avoir partagé cette aventure faite de beaux, de bons et de dures moments…. C’est un tout, seule la tête fait la différence et nous fait nous dépasser…. 

Une grosse émotion, les mains gelées, les pieds… glacés mais une  certitude, nous avons toutes chaud au cœur….. et c’est bien là le plus important… car seule, quel intérêt de se lancer dans cette aventure dans de telles conditions  ? 

Merci pour les encouragements de nos amis jacquolandins, merci à mes 4 amies glazi… euses (comme heureuses) ….. et à tous, un appel pour renouveler l’expérience l’année prochaine… à bon entendeur….

HELENE

TRANSLEONARDE 2016

Récit de course - La Transléonarde 2016

 

L’idée de terminer cette saison en courant un marathon me trottait légèrement l’esprit et l'envie s’est accentuée en début d’année avec pour certains de l’Association la préparation du Marathon de Barcelone (malheureusement pour moi je ne pouvais y participer pour raison professionnelle).

Quand Laurence et Gérard ont proposé pour la fin de saison une autre course, La Transléonarde, c’était décidé ce serait celle-là.

Ayant participé à une bonne partie de l’entraînement de cet hiver avec les « Barçolonais », je me suis dit que c’était l’occasion et qu’il fallait bien à un moment donné se lancer et se fixer cet objectif(mythique pour tout coureur). De plus ce marathon du « bout du monde » me permettait de découvrir la région (pays de Léon) que je ne connaissais pas. L’idée de participer à ce marathon m’a un peu effrayé au départ car on pourrait le dénommé comme « petit marathon » par son nombre d’inscrits (pas plus de 500 inscrits sur l’épreuve reine) et autour des 800 participants en regroupant toutes les épreuves(marche,trail,marathon duo).

Mais cela ne pas découragé pour autant et j’ai donc suivi un entraînement sur 9 semaines et participé à différentes courses afin de me préparer le mieux possible. J’étais fin prête…

 

Samedi 25 juin. Grand départ à 14h30.

Nous décidons de faire le trajet ensemble avec Claudine, Régine et Armel(son fils). Au bout de 2h30(en fait c’est grand la Bretagne!) nous arrivons à Plouescat. Nous nous étions donnés rendez-vous avec Laurence et Gérard pour retirer nos dossards à la salle communale. Ambiance chaleureuse, groupe folcklorique, petits stands présentant différentes courses dont le Marathon du Médoc(que certains connaissent déjà)? C’est tentant de déguster vin ou cognac mais je me raisonne, demain je cours. Certains d’entre nous non pas pu résister(je ne citerai pas de noms)… 

Le choix de passer la nuit s’est porté dans un camping à 20 minutes du départ à Plouneour trez, avec vu magnifique au bord de mer(merci Laurence pour ce cadre!). Après s’être installés et essayés nos costumes en immortalisant la scène par quelques photos, nous décidons de faire une reconnaissance pour le covoiturage du lendemain pour les filles qui courent en duo.

Ce qui permet aussi de visualiser une partie du parcours car comme l’année dernière sur Vannes, le camping se trouve au beau milieu de la course à peu près au 25ème km. Pour finir nous terminons notre reconnaissance à Guisseny, l’étape finale. Petite ville typique du Finistère nord avec un arrêt sur une côte sauvage, où nous découvrons une plage immense à marée basse avec ses impressionnantes pierres de granit, la  lumière est splendide grâce au soleil qui commence à tomber. Nous en profitons pour prendre quelques photos(merci Claudine, notre reporter photographe du week-end). Après cela, nous rentrons au camping pour dîner et passer une soirée au calme avant le jour J.

 

Dimanche 26 juin.  Après une nuit un peu agitée pour ma part(j’ai du dormir pas plus de 2 heures) dû à l’humidité et à la fraîcheur de la pointe bretonne. Dans la nuit, j’ai entendu Claudine bouger et se battre avec son matelas dégonflé, ce n‘était pas la même chose au trail de Vannes? (elle n’a pas dû beaucoup dormir aussi…), je me lève vers 6h00 et croise Gérard dans les sanitaires encore un peu endormi. La veille, nous avions décidé de prendre le petit-déjeuner vers 6h45 pour un départ à 8h00 du camping.

Nous retrouvons les autres coureurs(beaucoup sont déguisés comme nous…) devant l’église de Plouescat pour un départ à 9h00. Beau temps, ciel bleu et température idéale pour courir(chouette pas de chaleur!). La pression commence à monter, je discute avec une personne à côté de moi qui court en duo et me souhaite bonne course pour ce 1er marathon. C’est parti! départ d’un petit groupe de coureurs handisports, chaudement applaudis et c’est à notre tour, je décide dès le départ de ne pas me laisser emporter par le rythme des débuts de course, prudence! il faut tenir tout de même 42km.

Gérard, Claudine et Laurence sont partis devant, à chacun sa course…

 

Après avoir bien visualisé le plan, je sais que la 1ère partie jusqu’au point relais(Goulven) sera plus roulante, je me tiens à l’allure autour des 9km/h celle de mon entraînement sans problème dès les premiers kms. Nous courons sur d’agréables petites routes de campagne serpentant dans le bocage. Nous traversons un petit village où les gens nous applaudissent chaleureusement, je me sens bien malgré une envie de faire pipi (précaution pourtant prise avant le départ). Nous rejoignons la mer (10 km) puis longeons pendant 2 km une agréable baie, beaucoup plus plaisante que l’interminable ligne droite qui suit jusqu’au semi. Je me rends compte que Laurence est juste devant moi. Cette longue portion monotone me permet d’engager la conversation avec d’autres coureurs, au moins cela passe plus vite et me fait oublier cette envie toujours de faire pipi. Malgré plusieurs arrêts répétitifs sur la route, je n’arrive pas à faire et mon ventre se fait de plus en plus dur(cela devient gênant). Est-ce dû au stress ou au froid de la nuit, en tout cas je commence à pas mal cogiter…Je me reconnecte sur la course et me rappelle ce que m’a dit Patrick, d’aborder les Kms en pensant à des dates importantes pour moi. Cela marche.

 

A partir du semi et la traversée de Goulven, je retrouve Claudine qui a terminé sa course et lui parle de mon mal de ventre, elle pense plus à un effet de stress…, le parcours suit quasiment le bord de mer où je retrouve notre cher camping(25km) et ses vues magnifiques, petites montées, suivies de relances, rythment le relief jusqu’à Brignogan (29km) où nous traversons un autre camping, pas très peuplé à cette période, pour déboucher sur une côte un peu plus sauvage. Nous longeons de très belles plages de sable fin, accompagnées d’immenses blocs de granit arrondis(taille d’une maison). La lumière joue avec l’eau claire dans un nuancé de couleur bleu et vert. C’est magique! Une dame sur la plage m’encourage et me dit que ma copine Bécassine n’est pas très loin, elle parle de Laurence. C’est réconfortant, car depuis un bon moment, je cours un peu seule. J’essaie d’oublier mon mal de ventre qui persiste et les premières douleurs qui commencent à apparaître au niveau des genoux(surtout le droit)et des cuisses. Premières contractures musculaires.

 

Plus loin, je retrouve Claudine et Armel qui m’encouragent car le moral à ce moment est au plus bas, je parle même d’abandonner…Claudine me sermonne un peu et là, je me rends compte que je prends en pleine face ce « mur » que beaucoup de coureurs vivent à ce moment de la course.

 

Au km 34, je passe un lieu dit, où une maison est enclavée entre deux rochers, le public et les bénévoles sont là en plus grand nombre…Je quitte le bord de mer au km 39 et me dirige vers le bourg de Guisseny, je parle avec une dame qui suit son mari à vélo, elle est étonnée de me voir si peu fatiguée car je discute bien, je lui dis que la fatigue est bien là mais qu’elle est plus dans les jambes, le corps n’en veut plus mais je continue, la ligne d’arrivée n’est plus très loin…J’aperçois le clocher, dernière belle petite côte jusqu’à l’église, on se retrouve à 3-4 coureurs pour finir...

 

Avant l’arrivée sur le tapis rouge au milieu du bourg, j’aperçois Régine avec son fils, venir courir avec moi les derniers mètres et Oh surprise! Patrick est là, il est venu avec sa femme, nous encourager. Sympa! Et enfin la ligne d’arrivée, triomphale et contente d’aller retrouver le reste du groupe. Une belle victoire.

 

Nathalie

MARATHON DE BARCELONE 2016

Dimanche 13 mars, enfin le grand jour!

 

Réveil matinal et silencieux dans le dortoir de l'auberge de jeunesse, toilette rapide (oh surprise des ronflements dans les WC ….pour certains la nuit a été fatigante…), petit déjeuner ou visiblement nous sommes trop matinaux et en route pour cette belle aventure. L'équipe est au complet, plus Tanguy qui nous accompagne pour les photos.

 

Le métro est bondé, nous arrivons place d'Espagne, noire de monde…. 20000 coureurs, impressionnant.

 

Nous voila arrivés dans notre sas de départ près des fontaines de Montjuic. Nous sommes tous là un peu fébriles, mais en même temps je suis très calme comme détachée, un peu comme pour le départ du 36 de Vannes.Patrick nous stimule par un hip hip hip pour St Jacques. Nous rencontrons Coco de Vitré (elle a entendue parler français). Nous piétinons pour nous réchauffer. Je suis contente d'avoir pensé au sac poubelle, car voulant courir aux couleurs de St Jacques, je n'ai pas chaud en débardeur. Nous franchissons enfin la ligne de départ sous des pétales de fleurs violettes, 30 minutes après le coup d'envoi de la course. C'est parti!!

Un frisson et beaucoup d'émotion en franchissant la ligne de départ. La montre est déclenchée.

 

Très vite nous nous retrouvons Marie-Claude, Emma et moi. Nous ne voulons pas partir trop vite, surtout ne pas s'emballer et nous gagnons le Camp Nou, tranquilles. J'ai une pensée pour mon footballeur préféré, j'espère qu'il sera fier de sa mère…

Nous prenons tranquillement notre rythme de croisière avec Emma. Simone, Eliane et Cécile sont juste un peu devant. J'ai les yeux régulièrement sur ma montre. Nos amis photographes sont là et nous courons sur la droite de la route pour les voir. Nous voila presque célèbres…. Les premiers groupes de musique nous portent au son des percussions… Les toulousains ont un peu froids, pour nous la température est parfaite pour commencer.

 

Emma et moi parlons, nous avons fait déjà 10 kms sans les voir et nous apercevons le parc Miro avec sa sculpture élancée, blanche et bleue. J'ai travaillé l'itinéraire plusieurs fois pour avoir mes repères et m'aider mentalement. Nous sommes sur un grand boulevard, la rue est à nous, pas un seul bruit de voiture et le soleil est au rendez-vous. C'est magique… Les spectateurs sont peu nombreux pour le moment, mais Barcelone se réveille.

Nous sommes au 14 ième kilomètre et nous passons devant les monuments Gaudi notamment sur notre droite la casa Mila. Je revois la villa Gaudi que j'ai visité il y a quelques années avec Alain. Quel génie de l'architecture. Quelle magnifique ville. 

16 ième kilomètre la Sagrada Familia, nous avons l'impression d'une haie d'honneur, beaucoup de touristes. Le monument est magnifique et les pierres m'apparaissent plus claires. Nous l'avons visité hier. L'intérieur est magnifique grandiose. Quel bon moment partagé ensemble. Je crois qu'Emma et moi sommes toutes les deux aussi émues. Par contre, pas de trace de nos reporters. Nous ne les avons peut être pas vus? Pas le temps de se poser des questions, nous poursuivons.

 

Je sais que les kilomètres qui arrivent seront sans doute plus durs car il s'agit d'un aller-retour de 4 km nous amenant dans le quartiers nord-est de la ville sans grand intérêt avec un faux-plat. Alors que nous montons cette route, où les spectateurs sont plus rares, nous apercevons Patrick et Bertrand de l'autre coté qui redescendent. Cela nous donne des ailes et nous poursuivons notre effort sans oublier d'applaudir les musiciens et de checker avec les spectateurs (grands ou petits). Il y a même un bonze qui nous encourage… et encore des percussions.

 

Nous sommes à la moitié en 2h10, le semi. Super! pas fatiguées, en pleine forme (nous n'avons aucun déchet lactique… nous allons leur monter ce que l'on sait faire…) et oh belle surprise nos photographes favoris nous interpellent… De quoi garder le sourire.

Nous longeons ensuite l'autoroute et cette partie n'est pas très intéressante. Je revois le visage de cette petite fille qui dépasse à peine des remblais de protection et qui nous tendait sa petite main…

Nous reprenons ensuite cette nouvelle grande avenue pour voir le sgud de Lionel. Je me rend compte que nous ne parlons plus, les choses sérieuses ont sans doute commencé. L'ambiance est bon enfant avec ce groupe de rock. Le fameux suppositoire est en vue (pardon à Jean Nouvel) et à nouveau crépitements des appareils photos!!

 

Petit coup de mou de ma coéquipière que je lâche en arrivant au forum,  c'est au 31 ième kilomètre. Maintenant quelques kilomètres le long de la mer. Je m'inquiète pour Emma que j'ai laissé derrière, mais elle a juste besoin de reprendre des forces. Une pensée pour notre coach Véro, oui on le finira….

La foule est plus dense avec ses promeneurs le long des quais, certains traversent  et il faut faire attention. Il commence à faire chaud et j'ai du mal à me situer. Alain m'attend après le 36 ième, mais nous n'y sommes pas encore. Je n'ai pas ralenti, mais la fatigue commence à se faire sentir.

 

Enfin le parc Cuitadella où les spectateurs ont déserté les abords de la course pour danser la salsa à l'entrée du parc. C'est super ces gens qui dansent. Le chrono est bon, bien mieux qu'au 36 de vannes!

Enfin l'arc de triomphe, mon doudou et mon coca… Petite pause pour enlever les manchettes, coup d'oeil à ma montre. Je n'en reviens pas, toujours en forme et il ne reste que 5 km, juste la distance pour aller à la Prévalaye… C'est rien… 

 

Je retrouve Simone et nous faisons un petit bout de route ensemble, mais je commence à avoir mal dans une jambe, en haut de la cuisse et un doute m'assaille. Et si c'était le mur? ce fameux mur dont on entend parler? Non pas possible, ce n'est rien!  Pense à Véro, le coach! on ira ou elle voudra, même si c'est en marchant…

Alors j'alterne course et marche, mais les jambes deviennent tout de suite raides dés qu'on marche. Je croise du regard une femme espagnole qui m'encourage et c'est reparti tant bien que mal, avec maintenant le pied droit qui me rappelle à l'ordre. Je guette la place d'Espagne dans ces rues ou il y a de plus en plus de spectateurs et d'encouragement. Tiens la statue de Christophe Colomb. Je l'avais oublié.

il reste encore cette grande ligne droite qui n'en finit pas.

 

Enfin la place d'Espagne. Le premier passage où Lionel est là pour nous encourager sur les derniers cent mètres. J'aperçois Cécile avec son maillot orange du semi de Cancale, petite accélération. Encouragements d'Alain qui semble très ému, cela me booste et Cécile et moi franchissons la ligne d'arrivée main dans la main. Grand moment de partage d'émotion et de joie.

Oui nous l'avons finis.. 

Tout le monde a réussi, toute l'équipe se retrouve.

Grande émotion lors de la remise des médailles en compagnie de Cécile et de son photographe attitré.Simone est arrivée aussi et bientôt Emma toute émue…

Nous partons ensuite sous l'horloge de la place d'Espagne où nous nous retrouverons tous devant chocolats chauds bière sandwich…tous heureux d'avoir franchi cette ligne d'arrivée sans encombre même si certains ont les jambes bien raides….

 

Au delà de la course j'ai passé un grand moment de plaisir en compagnie du groupe, et en n'oubliant pas ceux qui n'étaient pas sur place mais qui nous on encouragés.

 

C'était une très belle aventure humaine .

CLAUDINE

HYMNE BARCELONAIS

La chanson de Barcelone…sur l'air de l été indien de Joe Dassin
On ira 
Où elle voudra 
Quand elle voudra
Et on la suivra encore
Si elle nous le redemande
Barcelone
Ce reve cette chimère aussi
Ca y est
Nous l'avons ons fini

Des kms nous en avons fait
Toujours dans la joie et la bonne humeur
Notre planning vissé à nos casquette
Qu'il pleuve qu'il vente
Qu'il grêle partout on la suivait

La p'tite Véro a dit
Mardi autour de la piscine 
Vous courrez
Et jeunes vieux grands ou petits
Allure marathon
Le kilomètre 5 on a multiplié

Le jeudi elle a écrit
Sur la piste vous irez
Nos mégots on a craché
Elle a dit
C'est bien les filles
On était revigorées
 
Le dimanche pas de grasses matinée
9heures chaussures au pied
En foret elle nous a amené
Et des cotes avons escaladées
Vannés nous sommes rentrés
Et nous avons recommencé



ENDURANCE TRAIL DES CORSAIRES

ERTC 2016

 

Après 9 mois d’arrêt de la course à pied suite à une inflammation sévère des fibulaires de la cheville, je reprends le chemin de l’entraînement en octobre et le stylo pour cocher quelques dates de course afin de me motiver dans ma reprise. L’inscription à la 2ème  édition de l’ ERTC devient une  évidence, après le forfait sur blessure en 2015. Le 25 km du Glazig, 4 semaines plus tôt, sera une belle sortie longue pour jauger la forme et adapter ma préparation.  Les 1ères semaines de reprise sont très difficiles mais aussi encourageantes. La soif de courir me donne des ailes à défaut de me donner du souffle pour courir. Mais en janvier, une nouvelle blessure stoppe nette ma préparation. Nouvel arrêt partiel, kiné, et il me reste 2 semaines d’entraînement pour affronter les 25 km du Glazig. Le trail du Glazig a mis en évidence un gros déficit de forme, je finis « à l’arrache », avec des crampes dans les 2 derniers km. Les 4 semaines qui me séparent du trail des Corsaires ne suffiront pas à combler les lacunes et les km non courus. Je donne donc la priorité aux sorties longues en endurance et redoute à chaque entraînement une nouvelle déchirure.

5 mars 2016.

Levé tôt ce samedi pour prendre la route à 5h00 du matin. Toute la semaine le temps a été pluvieux et la météo n’annonce rien de bien réjouissant pour ce samedi. Durant tout le trajet, je pense à cette course, à tous ces mois passés, à ce qui peut arriver, et ce que je redoute le plus c’est la blessure qui pourrait ruiner une nouvelle saison. Je sais que ce trail ne sera pas qu’une partie de plaisir, du plaisir il y en aura surement, ne serait ce que d’être sur la ligne de départ, et, encore plus lorsque je franchirai la ligne d’arrivée. Pour moi il n’y a pas de doute : la ligne d’arrivée aura le plaisir de voir les crampons de mes chaussures boueuses. Entre les 2 lignes, il faut écrire l’histoire…


6h45. Km0 : Il fait frais, 3° au thermomètre, dans la cour du centre Varengo à
St Malo lorsque le coup d’envoi est donné. C’est 600 coureurs qui prennent le départ à la lueur des torches. Après 500m de rues, on est sur la digue du Sillon en direction de St Malo intra-muros. Comme tous les départs, c’est rapide, mais l’ambiance est sereine, peu de rire, tout le monde est dans « sa » course.

Km3 – 19’52 : Entrée Porte St Vincent, la traversée de la ville endormie est rapide. Les pavés sont autant de pièges à éviter après les pluies de la nuit. Petite pensée pour Isabelle qui a du fouler hier soir les mêmes pavés lors de l’urban trail en nocturneJ. Porte de Dinan, le port commercial est vite absorbé par le peloton, et c’est déjà l’Anse des Sablons qui apparait. Au loin les lampes frontales dessinent un long cordon sinueux le long de la côte. Passage dans les rues de St Servan, le rythme est soutenu (6mn/km), direction le parc de la Briantais et quelques belles bosses
pour finir d’échauffer les mollets.

Km8 – 50’17 : On laisse le barrage de la Rance sur notre droite, on le retrouvera plusieurs heures plus tard au km 58. La 1ère heure vient de passer, pour un 9km au compteur. Je retrouve le mari d’une collègue de Martine, José, avec qui je vais faire quelques km. José court à Betton, et ils sont une dizaine à avoir fait le déplacement. José est un très bon coureur sur route (3h00 sur marathon), il fait ce jour son 1er trail long, et vise moins de 9h00. Il finira en 8h30. Le rythme est trop rapide pour moi et je laisse son groupe partir pour faire «ma » course.


Km13 -1h24’ : Anse de la Passagère, le jour est levé depuis un moment et les 1ers rayons de soleil illuminent la côte. Dans la anse, quelques bateaux échoués avec la marée basse et arrière plan une superbe malouinière qui mériterait un instant de pause pour immortaliser cette magnifique aquarelle marine. Pas un souffle de vent, il suffit juste d’ouvrir grand les yeux et de profiter.

Km15 – 1h39 : Pointe de la Roche du Port à St Jouan des Guérets. La proximité de la 2x2 voies Rennes - St Malo a permis à beaucoup d’accompagnateurs de venir soutenir leurs coureurs, et sur 500m les encouragements fusent de tout part. On lâche progressivement le bitume pour le sentier côtier et les « patates » succèdent aux « patates » dont une sévère à 1kmde St Suliac. La descente sur la ville qui se réveille, se fera à « fond les ballons ». Car c’est bien connu : « ce que je préfère dans les montées : c’est les descentes ».


Km25 – 2h46 : Ravito à l’entrée de St Suliac. Le ravito a été dévasté : plus de soupe, ni gâteau. Un verre de coca, une banane et c’est reparti. J’ai repris la course depuis quelques hectomètres quand le téléphone sonne. Véro et Lionel en fidèles amis m’attendent à … St Suliac. On vient de se rater de quelques minutes. Je leur propose de nous retrouver sur le pont St Hubert en espérant y être dans peu de temps. En effet avant de descendre sur St Suliac, on a brièvement aperçu le pont qui semblait être à peu de km. Mais nada. L’organisateur nous fait faire une boucle de 4km autour de la ville, revenir par la plage avant d’amorcer le chemin vers le pont, avec au passage 2 nouvelles bosses.

Km 30 – 3h30 : On quitte définitivement St Suliac pour se diriger vers le pont St Hubert qui nous permettra de franchir la Rance et nous mettre sur le chemin du retour. Mais dame nature qui me veut du bien, me savonne la planche : le coup de barre me tombe sur les épaules alors que les marches succèdent aux marches. Il faut imaginer des escaliers en bois avec en moyenne une vingtaine de marches bien glissantes, ou bien des marches fabriquées directement sur le sentier et soutenu par des rondins. Après le passage de plus de 400 coureurs et plusieurs jours de pluie je vous laisse imaginer la situation : les appuis sont « fuyants » et glissants à souhait. Bilan une grosse galère, et dans ma tête Véro et Lionel qui m’attendent dans le froid et le vent.


Km33 – 3h58 : Encore quelques kms de marches pour atteindre le pont. Je plafonne à 6km/h depuis quelques km.


Km36 – 4h25 : Pont St Hubert, je suis accueilli par les encouragements de Véro & Lionel. Je prends le temps de savourer un thé chaud au miel, quelques photos pour se souvenir de ce beau moment et il me faut reprendre le chemin de Langrolay sur Rance, lieu de notre prochain rendez-vous et gros ravito au km42. J’aurai aimé passer plus de temps avec eux pour les remercier de leur gentillesse, mais le compteur tourne et la course n’en est qu’à la moitié. Ces quelques instants me redonnent du jus, me poussent vers l’avant. Dans une course, quand on est dans le dur comme moi à cet instant, la présence de personnes qui comptent, fait un bien immense. Il en va de même pour tous les encouragements qui m’ont été adressés avant et pendant la course. Ils sont dans un coin de ma mémoire, et je me les passe en boucle.


Km39 – 5h00 : Je suis sur la base de 6km/h, mes jambes ne me permettent plus d’avancer plus vite. Je suis, depuis plusieurs km, au moment « où la tête voudrait bien, mais où les jambes ne peuvent plus » … pour l’instant car je sais que je vais mettre le paquet après le barrage pour finir cette p….. de course. Patience, tout finit par passer. Mais que c’est long, que c’est dur. Le chemin vers Langrolay est long et semé d’embuches et surtout de boues. Alors que je suis embourbé, de la boue jusqu’aux chevilles, dans un sous-bois, j’entends une voix familière qui m’encourage depuis la rive opposée : Lionel. J J J. Encore une « patate » et le ravito est en vue.

Km42 – 5h33 : Langrolay sur Rance. Gros et unique ravito « solide » de la course. Une soupe, du jambon, coca, je n’ai pas une grosse faim. J’en profite pour récupérer mon sac de rechange et mettre des vêtements secs. Plein en compote, fruits secs, boisson énergisante et autres grignotages qui font plaisir à la tête et à l’estomac. J’ai testé sur la course le saucisson sec et c’est une moment exquis dans le vie du runner de fond. Une ½ heure plus tard, je remercie vivement Véro & Lionel pour leur précieuse présence, ils vont rester très longtemps avec moi par la pensée et m’aider à finir les 27 kms qui me séparent de la ligne d’arrivée.


Km44 – 6h13 : Pointe de Trégondé. En face c’est le Minihic, le sentier est plat, la vue sur la Rance est magnifique. Depuis le ravito j’ai repris un rythme de course à 8km/h, ce break a fait du bien à la tête et aux jambes, mais la ballade n’est pas terminée. Depuis le départ du ravito, le vent de nord semble plus fort et surtout plus froid. Il ne fait pas bon marcher dans les zones dégagées.


Km46 – 6h31: Chantier naval du Grand Val. Je suis en train de marcher entre les bateaux et les chaines d’ancrage lorsqu’un coureur m’interpelle et me demande si je veux bien faire un bout de chemin avec lui. Ce coureur c’est Raymond, son 1er trail long et sa 1ère grosse galère en course. Il est seul, venu de Poitier et cherche une âme sœur pour l’aider à rejoindre la ligne d’arrivée. Ca tombe bien, je suis en pleine forme et je m’ennuyaiJ. Cette rencontre sera pour nous 2 salutaire. Nous allons sur les 23 prochains kms faire connaissance et mutualiser nos énergies pour aller au bout de ce trail. Raymond, a un moral d’acier et ça tombe bien, il nous en faudra pour finir. Notre méthode est simple : ça monte : on marche et on discute ; c’est plat et ça descend : on court le plus longtemps possible, jusqu’où nos jambes veulent bien nous mener et c’est ainsi que l’on arrive au Minihic sur Rance.


Km49 – 7h03 : Traversée du Minihic. Sur l’autre rive de la Rance on distingue parfaitement la plage de St Suliac, lieu de passage 4h plus tôt. Le vent de nord est plus intense au fur et à mesure de la marée montante. Sur les parties sans arbre, comme cette longue ligne droite au km 52, l’effort est redoublé et éreintant pour affronter la brise de nord qui nous glace les oreilles. Mais on avance.


Km55 – 8h02 : Domaine de Montmarin, magnifique malouinière reconvertie en hôtellerie de luxe et une belle bosse en prime. Dans la descente de cette bosse, une vive douleur au genou gauche fait son apparition et sera désormais présente à chaque pente sur le circuit. Les montées étaient déjà laborieuses, maintenant c’est les descentes ; vive le plat ! Nous abordons Cancaval (sans faute d’orthographe et en un seul mot, sinon cela pourrait être la définition d’un coureur à pied ... désolé pour la blague à 2 balles) et son beau point de vue sur la Richardais, et, miracle l’image tant attendue est là devant nous : le barrage de la Rance. Nous longeons l’anse de la Richardais, puis le port. Nous continuons à progresser à 6km/h, la tête se nourrit de cette rencontre et de ces beaux paysages ; les jambes suivent sans trop de mal.


Km58 – 8h32 : le dernier ravito est là, à l’entrée du barrage de la Rance. Il reste 11km mais à cet instant il se passe quelques choses dans nos têtes : on sait (même si on a jamais douté) que c’est gagné. Un dernier verre de coca, une dernière blague avec les bénévoles (car Raymond c’est un marrant) et on repart pour cette dernière grosse étape. La traversée du barrage est avalée à 8km/h, du surprenant, car depuis 20 km le compteur n’était plus allé si haut. Parc de la Briantais, on court sur les traces du matin, mais dans l’autre sens, avec son lot de raidillons qui font toujours autant de mal aux jambes. On zigzague entre les promeneurs qui nous gratifient souvent de leurs encouragements.


Km61 – 9h00 : St Servan, quai Solidor et sa célèbre tour, puis une boucle dans les fortifications de la cité d’Aleth et la dernière grosse bosse du parcourt. Nous progressons le long du port de plaisance des Sablons, l’Anse des Sablons et la cité corsaire est à portée de chaussures.

Km65 – 9h32: Entrée Intra-muros par la Porte de Dinan, montée sur les remparts, et c’est parti pour un demi tour de la ville côté Grand Bé, plage du Mole, sortie Porte Saint Thomas, face au Fort National. Nous sommes portés par les
encouragements des promeneurs, et, depuis St Servan le compteur est stable à 8km/h. Raymond voudrait boucler notre ballade en 10h00 aussi nous essayons de garder ce rythme. Côté Raymond c’est dur, voir très dur. Pour moi, ce n’est pas le top mais j’ai retrouvé suffisamment de force pour bien vivre ces derniers kms. Je suis bien, je profite pleinement de ces instants. Le soleil est au rendez-vous, la mer est formée. J’avais souvent imaginé cette traversée de St Malo. J’avais en mémoire bon nombre d’images, et pouvoir les vivre réellement c’est du pur bonheur. La marée montante est déjà aux pieds des brise-lames et nous devons prendre la Chaussée du Sillon au lieu de la plage comme la première partie du peloton. On évite le sable, mais on se rallonge en contre partie. Retour sur la digue pour une dernière longue ligne droite. Le compteur passe progressivement à 9km/h pour finir à 10km/h dans le km final.

Km69 – 10h03’25’’ – 6,9km/h – D+1150: Arrivée à bout de souffle au centre Varengo. On est mort, mais heureux d’être là. Heureux d’avoir vécu une belle aventure humaine, simple, humble. Une étreinte pleine de sincérité et de gratitude avec celui avec qui on a partagé une Aventure peu ordinaire.

Après une douche réparatrice, je me retrouve au foyer du centre avec une bière à la main et me remet de mes émotions en écoutant un concert de rock français proposé par l’organisateur.

Ce 5 mars n’aura pas été un jour ordinaire...


Lorsque je couche sur le papier ce récit, il s’est passé 10 jours, je suis en vacances à la montagne et le souvenir de ce trail est encore très présent.

Que reste-t-il de cette course ? Une belle aventure sportive et humaine surement.

Côté sport :

  •          Une course plus difficile que je l’imaginais et rendu difficile par un manque de préparation, et un retour à la compétition peut-être trop rapide. Le terrain est exigeant, rendu difficile par les pluies qui ont détrempées les sentiers. J’estime à un millier le nombre de marches montées et/ou descendues ! 
  •    Mais c’est surtout une grosse erreur de débutant et un manque de discipline : partir à 10-11km/h une course que je dois courir à 8, et c’est le mur en pleine tête assuré. « Ce qui est pris n’est plus à prendre » est à bannir absolument. 
  •      Une certitude : le niveau de performance actuel n’est pas suffisant pour espérer une participation à un autre ultra en juin dans de bonnes conditions. Aussi une bonne remise à niveau, me permettra d’appréhender avec sérénité un trail long ... dans l’Aveyron, ... en octobre, ..... qui me suit ?     

 

Côté humain :

 

  •         Une belle rencontre avec Raymond, une belle union qui nous a permis de venir à bout de ces kms.
  •     Saint Jacques Footing : une association qui m’a portée avant et pendant la course par tous ces témoignages de sympathie. Je n’ai jamais reçu autant de mails et textos depuis que je cours !
  •            Véro et Lionel, des amis, qui m’ont apportés plus que ce qu’ils peuvent imaginer.

Pierrick

 

100 KM DE MILLAU 26 septembre 2015

« L’épreuve de vérité »

 

Cette année 2015 aurait pu s’intituler « Le voyage à travers la course à pied » : un raid dans le désert d’Oman marqua le début de mon année, puis il y a eu le trail des Gendarmes et des Voleurs fin avril, et le fameux raid du Golfe du Morbihan pour la seconde fois. Mais cette année n’aurait pas été complète si je ne m’étais pas attelée à la mythique course des 100 km de Millau, nouvelle distance pour un nouveau défi ! Cette course, à laquelle j’avais  participé en 2005 en tant qu’accompagnatrice vélo, était dans un coin de ma tête depuis 5 ans.

 

Une fois le 87 km de fin juin réalisé, rassurée par mon état de forme,  j’ai décidé pendant l’été de mettre à profit l’entraînement acquis depuis quelques mois pour m’inscrire à Millau. Mais je ne pouvais me mesurer à ce challenge sans avoir à mes côtés mon acolyte de toujours : Arno. L’histoire est d’autant plus belle qu’il y a 5 ans, c’est à ses côtés que j’ai découvert cette belle course, en l’accompagnant à vélo et c’est à ses côtés que j’ai souhaité la revivre à nouveau, mais cette fois-ci, en inversant les rôles !

 

Une fois les formalités effectuées, c’est malheureusement en solo que je devrai m’entraîner car je n’aurai pas de collègue de l’asso de St Jacques Footing à pouvoir m’y accompagner cette année. Qu’à cela ne tienne, je me choisis un plan « Finir le 100 km » et j’organise mon planning autour de 4 sorties par semaine. Le démarrage après un mois d’arrêt total est plus que difficile, mais avec la volonté, et l’encouragement de quelques coureurs de l’asso que je croise aux entraînements, j’irai au bout de ma préparation, alternant du travail de dénivelé, des séances de fractionné, du long et des sorties vélo.

 

Le jour J approche. Après quelques déconvenues pour trouver un logement pour ces quelques jours, je décide de prendre la route dès le jeudi soir, pour faire le trajet aller en deux fois, afin d’éviter de trop entamer mon énergie avant le jour J.

Arrivée le vendredi midi, nous nous retrouvâmes Arno et moi pour découvrir notre appartement pour le week-end : en plein centre ville de Millau, avec une très belle terrasse… mais au 3ème étage sans ascenseur… gloups… j’avais oublié ce détail !! Ouhhh cette montée des marches dans la nuit de samedi à dimanche va être folklo !! Après un accueil chaleureux de la proprio autour d’un crumble chocolat-poires (autant en profiter, je savais que je n’allais pas trouver ce genre de mets sur les ravitos le samedi !!) nous décidâmes d’aller récupérer le dossard à l’ouverture du village au Parc de la Victoire. Mais c’était sans compter sur mon bon sens de l’orientation et ma ténacité à être sûre de moi sur ce coup-là…(pour une fois !!) on dira que ce fut un échauffement de veille de course, puisque nous avons dû marcher quelques kms dans la ville (mais dans la mauvaise direction ;-( pour enfin trouver ce fameux parc et lieu de départ de la course, détail important pour le lendemain !! Au total ce fut 8 km que nous parcourûmes dans l’après-midi… Non pas que je sois paresseuse, mais avant un 100 bornes, ce sont des détails auxquels on porte une  attention toute particulière !!

Bref, cet « incident » n’aura pas entamé notre bonne humeur ! Arno étant de nature « taquine », je sais d’avance que c’est un épisode dont j’entendrais parler à nouveau J

 

La récupération du dossard et pour le même coup du t-shirt de finisher faite, on ne s’attarda pas trop. Je pense que j’entrais déjà progressivement dans ma bulle, histoire de ne pas trop monter en pression, car sur ce genre d’épreuves, on a vite fait de croiser des « surhommes » qui nous font un peu douter de « pourquoi on est là » !!

On prépare les sacs, le vélo est réglé et prêt.

 

Après une nuit de sommeil pas au top forcément, on rejoint le samedi matin ce fameux parc des Victoires. Pas trop en avance, on fait vite fait les photos d’avant course, avant qu’Arno ne parte à vélo rejoindre Aguessac.

Je dépose mon sac de rechange pour Saint Affrique, et je me mêle à la foule de coureurs qui s’avance vers la sortie du parc pour faire le petit tour de la ville : « la parade » au son des tambours… bon, à cet instant, et avec cette musique, on a juste l’impression d’aller à l’échafaud… Heureusement que les messages des copains et copines sont là pour me redonner le sourire… un grand merci d’ailleurs aux coureurs de l’asso qui ont eu une pensée pour moi en allant s’entraîner ce samedi matin là et qui m’ont envoyé une photo de groupe, ça fait chaud au cœur !!

Bon après ces instants d’émotion, on approche des 10 heures, et le top départ est donné. L’émotion me saisit, et je réalise soudain que je m’attaque à quelque chose d’inconnu pour moi, sans aucune garantie de réussite mais avec tout de même l’espoir de terminer du mieux possible !

Je tente très vite de réguler mon rythme, car je sens qu’emportée par la foule, je peux vite fait accélérer. J’observe, j’écoute les témoignages des gens autour de moi… se mêlent des novices de la distance comme moi à des habitués qui ne tarissent pas de conseils en tous genres… Je profite aussi du beau paysage qui nous entoure et du soleil un peu frais du matin. Les conditions de course sont idéales.

 

Pour l’avoir déjà fait il y a 5 ans, je n’ai pas eu besoin de me remémorer le parcours en amont car j’en gardai un souvenir assez précis (un signe peut-être ?!) ! Je savais donc que le marathon n’était pas la partie la plus difficile de la course, je dirai même que c’est la partie la plus plate (enfin « plat », pas comme on l’entend chez nous, car  « plat » en Aveyron, c’est toujours légèrement vallonné !!)

Après quelques difficultés à nous retrouver au km 6 avec Arno, et ce malgré sa panoplie vestimentaire : short orange fluo, t-shirt et lunettes jaune fluo (faut croire qu’il n’avait pas envie que je le perde… ou bien il a préféré jouer la prudence au vu de mon sens développé de l’orientation !!) on enquilla les 40 premiers km en bouclant le marathon en 4h45.

Tout se passait pour le moment comme je l’avais imaginé : j’étais dans les temps, il faisait beau mais pas trop chaud, et j’avais mal aux jambes !! Hé oui, on pourrait croire qu’à force de cumuler les km et les courses, les jambes s’habituent… mais queunini, elles sont toujours là pour nous rappeler que c’est grâce à elles qu’on avance, et c’est pour  cette raison qu’elles savent ne pas se faire oublier !!

De retour sur Millau, Arno en profite pour aller se ravitailler pendant que je me repose sur un coin de pelouse. Et oui car je sais ce qui m’attend pour la suite… le plus dur reste à venir !!

 Mais c’est sans compter les mains expertes de mon kiné Arno qui me massent les jambes avant de repartir ! Ce qui fera un bien fou car après ces premiers km, mon mal de genou s’est réveillé… et ne me quittera pas de la course.

 

Nous entamons donc la suite et sortons de Millau, revigorée pour ma part. Très vite par contre, nous apercevons le pont de Millau, et nous voyons aussi très vite le dénivelé qui nous attend avec la première côte pour atteindre le pont, côte interminable, que très très peu de personnes montent en courant.

Je décide quand même d’en faire une moitié en courant, je me sens bien, et je suis la stratégie que j’ai adoptée depuis le début : je cours tant que je peux, et quand je marche, j’essaie d’adopter une marche rapide (merci l’Audax !), stratégie qui paiera pour la suite.

Cette première côte passera sans trop de mal, et nous enchaînerons les autres jusqu’à la fameuse côte de Tiergues, The côte de Millau, qui ne laisse personne indifférent… je n’ai pas fait exception… petit cou de mou, le seul que j’aurai de l’ensemble de la course, en arrivant au bout de cette interminable côte… Mais très vite, nous repartons pour la descente vers St Affrique, descente qu’il faudra bien entendu remonter ;-(((

Nous arrivons à Saint-Affrique avant la nuit, contente d’en être déjà arrivés là, et dans un état de forme plutôt pas mal ! Nous aurons entre temps croiser les premiers coureurs qui boucleront la course entre 7h30 et 9h. Quelle admiration ! A mes yeux, ce sont des surhumains…

 

Petite pause rapide de 45 minutes: je profite de me faire masser les jambes par les kinés, on se restaure, je me change pour attaquer le retour ! Quel doux mot après ces 9 heures de course…

Sans tarder, nous prenons la route en chemin inverse.

J’adopte toujours la même stratégie : j’alterne la course et la marche. Arno s’adapte aussi à mon rythme en descendant de vélo à chaque fois que je marche.

C’est essentiel à ce moment de la course que le duo soit dans une bonne entente pour avancer. Cela aura été le cas pour nous deux tout au long de cette aventure : une complicité à toute épreuve !!

 

 Après avoir atteint le sommet de la côte de St Affrique, je me sens d’attaque pour descendre la longue côte de Tiergues. Les bénévoles des ravitos, et les quelques spectateurs sont très sympathiques et ne cessent de nous encourager ; ça fait du bien, ça me booste, et même si je sens bien mes jambes, le mental prend le relais  pour avancer autant que possible.

Nous arrivons ainsi au 90ème km, avec encore une belle côte à franchir… mais l’éclairage du viaduc nous fait des appels…, cela commence à sentir bon la fin !

Il faut savoir qu’à ce moment précis, je savoure le fait d’entrer dans une distance encore inconnue et jamais réalisée pour moi… et je pense beaucoup à cet instant précis à nos chers Hélène et Pierrick, qui ont déjà réalisé ce 100 km et bien plus encore, le 177 km du grand raid du golfe du Morbihan entre autre… et je me dis : comment ont-ils pu faire ? Car je ne me verrai pas enquiller encore 77 km à mon arrivée… Bon je dis ça… mais il y a quelques années, je n’aurai jamais pensé me confronter à la Mecque du 100 km :-) Tout est donc possible…

 

Les lumières de la ville commencent à se dessiner, je sens que la fin est proche. Petite halte au panneau du 95ème km pour immortaliser l’instant comme il y a 5 ans  par une photo !

Et c’est reparti pour les 5 derniers km, j’accélère le pas comme je peux, pressée d’atteindre l’arrivée, que je visualise déjà dans ma tête depuis bien longtemps… ça fait partie entre autre des choses qui m’auront fait avancer tout au long de la journée.

 

Je marche d’un bon pas, quelques personnes me doublent, et même s’il est tard, mon esprit de « compétitrice » s’éveille… je n’ai pas dit mon dernier mot…

Je reprends à courir les 3 derniers km, redoublant du coup certaines personnes J

L’arrivée dans le parc est plutôt grisante, j’accélère, Arno se prépare à lâcher son vélo, car il n’est pas question cette fois-ci de passer la ligne d’arrivée sans lui !

Nous terminons main dans la main, emplis d’une grande émotion et fierté, très heureux d’avoir partagé ce moment de bonheur ensemble, après 14h24 à courir pour décrocher le titre de « centbornarde » ! Ca y est, le challenge est relevé, et plutôt de belle manière !

Je ne réaliserai pas tout de suite ce que je viens de faire, il me faudra un peu de temps …

 

Mais tout ceci n’aurait jamais pu aussi bien se passer sans les messages de soutien avant, pendant et après, de mes amis joggeurs de St Jacques (et en particulier Hélène, Pierrick, Véro et Lionel, Isa, Maryse, Gérard et Laurence, Emmanuel…), de ma famille, des ami(e)s, des collègues de boulot.

Un GRAND merci à ma sœur qui comme à chacune de mes aventures, me suit et m’encourage encore et encore, avec toujours autant de fierté et de motivation !

 

Et enfin, un MERCI tout particulier à mon accompagnateur Arno, sans qui la course n’aurait pas été aussi réussie. Merci pour son appui logistique, son soutien, ses encouragements TRES communicatifs (il comprendra !), merci aussi à lui d’avoir accepté de partager cette aventure avec moi et d’avoir « mangé » ces 100 km à vélo et les km d’entraînements qui ont précédé, la prestation sportive est tout aussi belle !

 

Il me reste maintenant à profiter encore pour un peu des ondes positives de cette belle aventure sportive et humaine, de savourer ces instants de bonheur partagés, en attendant de trouver de nouveaux défis à relever 

SYLVIE

Raid du Golfe du Morbihan 2015 par Sylvie

Récit de mon semi raid du golfe du Morbihan… version 2015 J

 

Une fois n’est pas coutume, me voilà de nouveau sur les sentiers côtiers du plus beau golfe du monde pour la seconde fois de ma carrière de « joggeuse »… il m’aura fallu quand même 6 ans pour y revenir ! Mais avec en tête cette fois-ci d’écourter la sortie en courant le plus possible, histoire de voir si ces quelques années d’entraînement, de différentes courses m’auront apporté une meilleure expérience du « long ».

 

Mais reprenons du début… tout commença en début d’année (comme bien souvent d’ailleurs… c’est ce qu’on appelle les bonnes résolutions je crois !!) Je me suis inscrite au 87 km, pris dans l’engouement de quelques acolytes de l’asso de footing…au final, nous serons une petite quinzaine à participer à ce week-end sportif, couvrant pour le même coup les 4 distances (177 km, 87 km, 56 km, et 36 km).

 

Je mis en place un entraînement de 8 semaines, avec une moyenne de 3 à 4 sorties par semaine, l’idée étant d’atteindre les 80 km par semaine au pic de l’entraînement. Ce dernier fut ponctué par de longues sorties et de quelques courses pour agrémenter les choses : le trail du Boel (34 km), les gendarmes et les voleurs qui représenta une longue sortie de 9 h…

L’entraînement se passa sans gros souci majeur, donc plutôt rassurant pour aborder la course… il faut bien le dire, cela contribua un peu tout de même à me faire moins stresser avant course !

 

Le jour J le départ était donné le vendredi 26 juin à 12h du Port du Crouesty. Petit nota bene pour celles et ceux qui n’étaient pas présents la 1ère fois, le parcours a été inversé : auparavant, il partait de Vannes pour arriver au Port du Crouesty ; et la course démarrait à 17h le samedi donc de nuit pour une bonne partie. Ce qui n’est pas rien en terme de changement car courir de nuit est quelque chose que j’ai réalisé peu de fois, mais qui représente une réelle difficulté en ce qui me concerne.

Nous voilà donc sur la ligne de départ : moi, Yoyo et Véro, Gérard et Laurence parmi les quelques 800 concurrents. La tension est palpable à quelques minutes du départ, le coup de sifflet, et nous voilà partis pour cette longue aventure… Très vite, chacun se met dans sa bulle et prend son rythme de vitesse. J’avais en tête de suivre Gérard mais je le laisse partir car je sens que cela part trop vite pour moi. Intérieurement, je m’étais mise au défi de gérer cette course « seule » pour savoir comment j’allais l’appréhender…

Les 1ers kms se font relativement bien, les paysages sur cette 1ère partie sont très beaux, je redécouvre à cette occasion le golfe dans lequel je n’étais pas venu depuis un certain temps… cela me fait très plaisir ! J’arrive à profiter de ces paysages, le temps est beau sans être trop chaud… mais je dois rester vigilante car les sentiers côtiers sont parsemés de racines, je manque à plusieurs reprises de tomber, mais me récupère à temps…Mon allure me convient, je m’économise pour en garder pour la suite car j’ai en tête les 12h de course que j’aimerai tenir. Comme pour la 1ère édition, je n’arrive toujours pas à me faire au fait de courir avec un sac rempli entre autre de petites douceurs… et j’ai, une fois n’est pas coutume, trop chargée la mule !!

Nous arrivons tranquillement au ravitaillement de Sarzeau où j’en profiterai pour vider mon sac… adieu saucisson sec, chips, sandwich (à croire que j’étais paré pour aller faire Koh Lanta !!) Petite pause bien méritée, je tente de me restaurer un peu mais rien ne me donne envie… au final, je m’alimenterai très peu sur cette course, ce qui ne m’était jamais arrivée. C’est tour à tour que les copains de St JACQUES arrivent, on prend le temps d’échanger un peu sur nos ressentis… dur dur pour Gérard qui a travaillé la nuit précédente et n’a donc pas dormi, et pour Yoyo pour qui ses vieux maux viennent le gêner dès le début de course. Je lui propose que l’on reparte ensemble, mais il préfèrera poursuivre sa route tout seul.

Je ne m’attarde pas trop au ravito, et je poursuis en alternant des bouts de course avec Véro… puis je vais discuter avec d’autres coureurs, notamment un qui avait fait cette même course l’année passée où il avait plu quasiment toute la course… Sylvain avec qui je partagerai quelques km par intermittence jusqu’à la fin du parcours : un jurassien qui découvre la région et notamment le Morbihan qu’il trouve magnifique… j’en profite pour faire l’éloge de nos autres belles côtes (côte de granit rose entre autre…) de notre climat (le soleil bien sûr, mais aussi le fameux crachin breton auquel nous aurons le droit) et de la gentillesse et bonne humeur des bretons !!

Puis je poursuis en solo, en recevant, par téléphone, avec bonheur les messages d’encouragements des copains et copines, sans oublier ma sœur qui sera très présente sur cette fin de journée et début de soirée…

Les km défilent, la journée se passe… je n’ai pas de compteur, j’apprends les km parcourus à chaque ravito… c’est un choix que j’ai fait de courir sans montre, je choisirai de l’allumer pour les 20 km restants.

Ravitaillement suivant, je prends le temps de boire car la chaleur est bien présente et la fatigue se fait sentir.  Je croise Gégé … bien fatigué, il court avec Laurence… son manque de sommeil lui aura été fatal. Puis surprise : Pierrick nous attend à la sortie du ravito, petit coucou furtif, il nous suivra sur le reste du parcours et sera à notre arrivée !

En cette fin de journée, davantage de spectateurs seront présents à nous encourager ; ça fait du bien !

Sur un des ravitos, on aura aussi le plaisir de revoir Christiane au milieu de son stand d’infirmiers !! On discute un peu histoire de se donner des nouvelles, et de se remémorer quelques souvenirs d’Oman !

Puis le dernier ravito arrive, à la sortie un grand panneau annonce les 20 kms restants ! Enfin on en voit le bout !!! Que je me suis dit à cet instant… c’est vrai… que représente 20 km … alors qu’on vient de s’en manger 67  !! Et ben tout faux… ce fut les 20 km les plus long de ma vie… enfin c’est toujours pareil, c’est ce qu’on ressent à ce moment précis, mais qu’on oublie très vite par la suite !!

Donc, en voyant le panneau je repars confiante et pleine d’énergie ! Sauf qu’à ce moment de la course, les km parcourus ont raison de moi et surtout de mes jambes, je ne cours plus autant que je le souhaiterai, j’alterne entre la marche « active » et la « courotte » ! Merci les Audax d’ailleurs car cela me permet d’avoir une marche à 6km/heure ce qui n’est pas mal, car je m’aperçois qu’en marchant j’arrive à en doubler pas mal…

La nuit tombe, les loupiottes commencent à s’allumer un peu partout le long du littoral… c’est joli d’ailleurs à voir ces petites lumières qui dansent au milieu de nulle part… c’est joli certes, mais j’ai quand même très envie de voir apparaître les GROSSES lumières de la ville de Vannes histoire d’abréger un peu mes souffrances J

Surtout qu’en termes de lumière, ma PEZL, même avec ses piles neuves, n’éclaire pas au-delà de mes pieds… pratique pour courir !! … le côté positif, c’est que je ne peux pas voir les bêtes qui pourraient surgir dans la nuit!!

J’ai beaucoup pensé durant ces heures à LN qui était partie pour ses 177 km, et qui allait donc passer une nuit à courir… RESPECT !

Les derniers km me paraissent se passer dans un labyrinthe tellement j’ai l’impression de slalomer avec les lumières de Vannes en visu… un peu comme le marathon du Mont St Michel où on voit durant toute la course le mont et on met 42 km pour l’atteindre !

Enfin, je reconnais les sentiers accédant au port de Vannes… je sais, pour m’y être balader, que c’est un peu long, mais l’énergie revient.

Enfin j’arrive au bout du périple, Pierrick sera là pour m’accompagner pour les derniers mètres ! L’émotion est palpable… mais pour une fois, je ne verserai pas de larmes…j’ai décidé cette fois-ci d’endosser mon plus beau sourire pour franchir la ligne d’arrivée !!... et pour celles et ceux qui en douteraient, j’ai joint la photo J

 Je suis heureuse d’avoir à nouveau su relever ce défi…en 12h30 le contrat est rempli !C’était différent de la 1ère fois, ça le sera sûrement de la fois prochaine s’il y a… il m’a manqué quelqu’un avec qui partager ce moment…il se reconnaîtra…

Pour le reste, j’ai fait cette course de façon autonome, mais malgré tout, beaucoup de mes proches (amis, familles, collègues…) m’auront porté dans cette aventure, c’est aussi grâce à eux que j’arrive au bout. Un grand merci à tous pour vos encouragements !

Et à très vite je pense pour de nouvelles aventures

SYLVIE J


 Félicitations et Bravo,


Félicitations pour cette belle course, construite depuis plusieurs mois mois. Tu as le physique et le mental pour ce type de course, et tu l’as montré un fois de plus.  8 semaines pour se ”faire un physique”capable de partir à la conquête des 87 km, mais une tête qui peut basculer d’un instant à l’autre. Cette ”tête” t’as permis de venir à bout de ce beau périple et de vivre pleinement cette course (c’est beau un sourire sur la ligne d’arrivée :)) Toutes mes félicitations et à la prochaine fois…..

Bravo pour ce récit qui me plonge au coeur de la course et qui me donne beaucoup de regret et surtout une folle envie de revivre ces instants magiques; souvent difficiles mais toujours exceptionnels. LE GOLFE est pour moi une Aventure hors norme et j’espère être capable de me présenter souvent sur la ligne de départ, à défaut d’être sur la ligne d’arrivée.


A l'année prochaine pour la grande boucle ?????


PIERRICK

Raid du Golfe du Morbihan 2013

 

Bonsoir les amis,

 

Bravo et félicitations à vous tous pour ces super courses. Je vous ai suivi

à distance, Lionel me donnant des nouvelles, mais c'est vrai que j'aurais

aimé être avec vous pour partager ensemble votre joie.

 

Bravo aux filles et à Franck qui malgré la chaleur de l'après-midi êtes allés au bout, récompense des dizaines  heures d'entrainement suivies très assidûment, un plan réglé au mm qui vous a permis de venir à bout de ces 57 ou 58 kms...

Bravo Gérard, je vois que tu as mis le turbo et cette fois-ci pas de bains

de pied et de séance manucure, on fonce devant, on s'écroule à l'arrivée,

mais résultat un super chrono, digne d'un marathon qui nous fait pâlir d'envie.

Et puis bien sûr, chapeau bas Pierrick, tu as réussi ce chalenge, pour lequel on se disait tous, il y a encore quelques mois, que ce n'était pas pour toi. Mais les mois ont passé, tu as suivi ton plan, sérieusement, méthodiquement, et puis il y a eu  les 24 h, et là on s'est dit c'est bon, il ira au bout sans souci. Et tu l'as fait et tu l'as réussi, pas de bobo, juste quelques kilos en moins : vraiment bravo !!!

 

Maintenant, c'est le repos bien mérité, demain et surtout après demain,

faire en sorte de ne pas "affronter" d'escalier car les descentes, vos

jambes, elles en voudront pas.

J'espère que la saison prochaine, on repartira tous ensemble pour de

nouvelles aventures de courses, partager nos si belles souffrances qui nous rendent si heureux.

Bises à vous tous

Véro

 

Voilà, c'est 'déjà' demain !

les challenges sont atteints et les projecteurs sont éteints !!!

 

Vous avez ma totale admiration face à votre détermination  !!!

 

Bon, manque d'inspiration pour la suite, je vais faire plus simple : je suis juste heureuse d'avoir pu partager ces précieux instants avec vous, amis raiders ; si j'ai pu lire quelques doutes sur quelque visage sur la ligne de départ, vous avez, sans faillir, serré vos poings pour ne rien lâcher et atteindre l'arrivée !

 

Je suis désolée pour Franck de n'avoir pu l'encourager de vive voix !  une

foule importante au départ et un point de passage raté  au Bono, et voilà

notre Franck parti tout seul, pour ses 56 kms ! bravo, tu as atteint ton but

même si le dernier point de contrôle, un peu vicieux de par son emplacement et raté par bien d'autres coureurs, a été chinté !!! nous attendons tous ton ressenti sur cette belle réussite !!!

 

Nos 3 filles, Laurence, Isabelle et Maryse, un peu fébriles dès le matin,

ont vite canalisé, sous un chaud soleil, leur énergie pour venir à bout de

ces 56 bornes ! de vraies copines pour qui : témérité et solidarité n'ont

pas été de vain mots .... un grand bravo !!!

 

Un Gérard déterminé, pas des plus impressionné par les 87 kms qui

l'attendent et qui n'a rien lâché, et qu'on n'a même pas pu ralentir par une tite bière !  il faisait pourtant chaud encore !!!

Il a su gérer son effort tout au long de son parcours et terminer,  comme

une fusée,  140ème sur 690 arrivés ! alors je dis : chapeau bas Monsieur le Président !!! 1er essai transformé avec succès !!!

 

Que dire de notre ami Pierrick qui force notre admiration à tous !

car, comme le rappelle Véro,  nous avons tous douté de tes capacités,

Pierrick,  face à un tel défi.... nous savons par où tu es passé l'an dernier, un arrêt forcé et prolongé .... une reprise de tes entrainements en solitaire ... et même si nous avons compris l'intérêt de ta démarche, ami, tu nous as manqué !

En avril, un 24 H, parfaitement préparé,  s'est accompli dans la sérénité et la confiance en toi... tu as su nous transmettre ces ingrédients pour que nous soyons, à notre tour, rassurés face à ce défi de 177 km...

Marie-Hélène et Daniel, Lionel et moi t'avons rejoint vendredi soir à Noyalo, nous t'y avons trouvé tranquille, apaisé... quelques kms avec Yoyo et nous t'avons laissé continuer ton chemin pour atteindre Sarzeau, 1er gros ravito et pause Dodo !

Le lendemain, nous te retrouvons à Locmariaquer, toujours aussi calme et

déterminé ! Tu as su apprécier notre présence aux différents ravitos, sans te départir de ton extrême concentration.... tu as su partager les quelques 40 derniers kms en notre compagnie, , un coup ma pomme, un coup Yoyo,  tout en  sachant bavarder de tout et de rien, en trottinant, en marchant... toujours en avançant .. sans émettre la moindre plainte, toujours en version 'positif' et là, je suis encore plus admirative! un exemple dont je vais me souvenir lors d'un prochain challenge !

Dieu sait que nous en avons vu des coureurs, complétement à la ramasse, dans des états pas possible... tout au long du chemin !

Et pourtant c'est en mode 'j'en ai encore sous la pédale' que tu as bouclé

ce fabuleux tour du Golfe ! le mot qui me vient pour transmettre à tous l'image de ton arrivée : c'est 'FRAICHEUR', après plus de 34 H sur la piste : là aussi, Chapeau l'artiste ! une foule de qualificatifs tous plus élogieux l'un que l'autre me viennent à l'esprit... je reste sobre pour dire :

Bravo ! total respect !!!

Une fois encore, l'esprit d'équipe, la solidarité, le partage de ce bonheur

étaient là !.... c'est aussi un parfait exemple de ce qu'est notre sympathique association ! et qu'on nous pardonne, mais nous allons encore parler de ce beau moment pendant quelque temps, c'est certain !

Quelques récits viendront certainement compléter ce récit.... nous voilà

impatients... non ? Alors, chaussures rangées, amis raiders, à vos cahiers !

Bien à vous,

HELENE

 

Bonjour à tous

Je suis partie en déplacement juste après notre raid dans ce golfe magnifique et ne prends connaissance que maintenant de tous vos mails d'encouragements et de bravo. Alors un GRAND MERCI à tous, à toi Hélène pour ton récit magnifique. Difficile de passer après une telle et belle plume. Mais c'est important de le faire, car les écrits restent aussi. 

Je te remercie d'autant plus Hélène d'avoir écrit, car tu me permets avec ce temps qui file trop vite de me replonger avec délice, dans l'émotion et l'intensité de tels moments  sportifs et  avant tout, très humains, de dépassement de soi, de souffrance, de joie et de partage avant tout.  Des larmes (DE JOIE J) me viennent, comme sur la ligne d'arrivée avec mes 2 copines Lolo et Maryse (grâce à tes écrits, tout me revient).


Le bonheur et la fierté de l'avoir fait est indéniable, mais le bonheur de partager ces moments avec tous est encore plus fort et parce que j'ai conscience aussi que c'est grâce aussi à tous qu'on parvient à de tels exploits, grâce à ces amitiés naissantes, grâce aux précieux conseils de nos coachs si généreux (toi Lolo, Gérard, Hélène, Véro, Lionel, Patrick.... ) et je pense aussi et remercie tous nos copains d'entrainement  des mardis et jeudis soirs (Marie-Claude, Nelly, Thierry, Typhaine, Eric, Sabine.... et vous tous de l'association) qui nous ont "supporté" pendant toutes ces séances (fractionné, montées, sorties longues..., moi ce soir je fais ci, moi ce soir je fais ça, car je suis mon plan, mon coach m'en a donné les instructions....)J . Merci aussi à toi Daniel et à ta femme, pour vos supers encouragements tout au long du parcours.

Et puis surtout GRAND BRAVO et CHAPEAU BAS à notre ami Pierrick à qui nous avons pensé pendant tout notre périple, tu as été sur ce parcours notre mentor, notre booster, et toi aussi Gérard, WOUAH ! ! ! ,  bravo aussi à Franck, et BRAVO et MERCI à vous 2, Maryse et Laurence, ça a été super de partager cette belle aventure avec vous, ensemble jusqu'au bout du bout.

 

Ce qui est super chouette et grisant, c’est la surprise et la fierté de l’avoir fait, l’arrivée avec le sourire… que de bons moments, sur un parcours sublime, et sous le soleil en plus,  et surtout l’envie de recommencer une autre histoire de dingo.

 

J’espère que l’on sera encore plus nombreux la saison prochaine, à partager de tels moments. J’ai vu déjà que le Marathon de la Vie s’organisait, puis Vannes….

 

Je vous souhaite à tous un très bel été et de super vacances.

 

@micalement
Isa

NB= et aussi un GRAND MERCI à Claude et Maryse qui nous ont généreusement accueillis dans leur sweet home

AUBRAC CIRCUS 55km et 2000 m +

GRAND TRAIL DU ST JACQUES

SAMEDI 22 SEPTEMBRE 2012

 

Le pèlerinage de St Jacques de Compostelle m’a toujours intéressé et, il y a 1 an, je découvre qu’un trail est prévu pour septembre 2012 ! des images de reconnaissance sont mises en ligne et même si le dénivelé se devine, la beauté des lieux font que je mets cela dans un coin de ma tête en me disant que si les challenges précédants que je me suis fixés sont réussis, je m’inscrirai sur ce GTStJacques !

Donc, après l’Eco trail de Paris puis le semi-raid du Morbihan, je passe tout naturellement à l’inscription pour ce nouveau défi !

Un début d’entrainement mi-juillet, coupé par 2 semaines de vacances en Crète où il fait trop chaud pour d’entrainer et j’ai plus la tête aux vacances et à la fête qu’à la CAP !!! mi-août, il est grand grand temps que les choses sérieuses reprennent ! et après seulement 1 semaine de reprise, ce sera 3 semaines consécutives entre 70 et 80 bornes réalisées en partie au Boël, sur un circuit répondant au mieux à notre souhait de ‘dénivelé’ ! hé oui, je dis ‘nous’ car, entre temps, Véronique, après quelques hésitations, a décidé de se joindre à moi pour l’aventure du GTSJ ! cela m’étonne un peu car, rappelons-nous quand même les réticences au trail et aux terrains caillouteux, que notre amie Véro criait, haut et fort ! les expériences de ses derniers trails, à Paris puis dans le Golfe du Morbihan lui ont donné confiance …. C’est donc à 2 que nous nous entrainerons sur les chemins du Boël ! et même si nous sommes loin du compte en D+ et D- surtout, cela nous aide à nous mettre en confiance !

Le jour J-1 : 8h de route nous attendent …. Et malgré quelques imprévus, nous sommes à bon port en fin de journée ! récup des dossards au stade Massot, un resto sympa centre ville et un hôtel accueillant nous font passer une relative ‘bonne’ nuit ! nous avons pris soin de préparer toutes nos affaires la veille pour ne pas nous énerver avant le départ !

Le Jour J est là, il est 5h de mat et nous sommes debout bien avant la sonnerie du réveil : notre JJ (chauffeur, accompagnateur et photographe, voire même informateur) est, bien sûr, réveillé par notre ‘hyperactivité’!!!! (pourtant, on fait attention….) il râle un peu pour la forme puis se met au diapason …. Un p’tit déj vite pris et c’est le départ en voiture pour Saugues, c’est de là que Véro débutera son aventure de 47 km ! (en réalité, 51 km !) à 9H ! nous attendons le top pour l’encourager avant de remonter en voiture et rejoindre le lieu-dit ‘le Sauvage’ : endroit tout désigné pour entamer les hostilités du 66 bornes (en réalité, 71 km !) ! mais d’abord, il faut, ou attendre la navette ou marcher 2.5 km pour atteindre la ligne de départ ! ce sera une marche pour s’échauffer !! il fait un peu frais là-haut, les cimes sont dans la brume ….. mais on sent bien que le soleil devrait percer …. Donc, le coupe-vent est mis dans le camel-bag …. Environ 700 coureurs sont derrière la ligne et attendent le top pour s’élancer !!!

10h15 : Pan !!! Comme d’habitude, ça part vite, même très vite ! il ne faut surtout pas se laisser absorber par ces furieux …. Je laisse passer quelques kms en prenant tranquillement mon rythme ! la température est idéale, les paysages sont tout de suite bien jolis…. L’ambiance et le ton sont donnés pour toute la durée du périple !!! quelques bosses nous initient aux prochains dénivelés importants qui nous attendent …. Un 1er pointage au village Le Villeret d’Aptchier après 8 km , puis c’est déjà Saugues qui se profile ! une petite vingtaine de kms sont déjà effectués en 2h10, un ravito, un bisou et des encouragements de mon JJ et c’est reparti !

Là, je sais que ça va se corser très rapidement ! en effet, la statue de la vierge qui se profile à l’horizon, tout là-haut, nous met de suite au parfum ! il commence à faire chaud … donc, rester tranquille, ne pas trop forcer…. S’économiser … mais bon, faut avancer quand même !

L’ambiance est très sympa… des petits groupes se font, se défont au fil des kms ! de jolis points de vue… puis c’est déjà la descente qui s’amorce doucement puis plus rudement pour atteindre Monistrol ! la pente nous emporte, c’est tentant de se laisser aller à toute vitesse et en même temps, il ne faut pas se cramer les cuisses !!! la vue sur Monistrol est superbe, le pont Eiffel est bien là, il nous attend ! j’aperçois Jean-Jacques sur le grand pont, tout là-haut, qui prend ses photos …. Je crie, il se dépêche de me rejoindre à la sortie de la ville, un p’tit bisou.. et c’est parti pour de longs longs kms de grimpette ! on aperçoit un moment le point culminant à gravir : là ça se corse grave !!! le sentier est rude et technique pendant 5 km pour atteindre la chapelle de Rochegude : chemin forestier où racines et cailloux, voire rochers… ne nous facilitent pas la tâche , tout ça en montée quasi verticale par endroit …. Ça souffle dur, j’évite de regarder montre et chrono … trop dur pour le moral de voir la moyenne fondre plus vite que neige au soleil !!! il faut tenir et St Privat d’Allier se vit comme une ‘délivrance’ de cette éprouvante et longue montée ! un ravito, toujours aussi sympathique et à l’écoute du coureur, un pointage et quelques minutes pour s’asseoir, mettre les booster et récupérer un minimum car ce n’est pas fini !!! toujours le petit bisou d’encouragement et je repars en sachant qu’il y a encore 8 km, au bas mot, de montée ! le nom du village est évocateur à souhait : Chier …. Ça, c’est sûr !!! et même si la pente semble maintenant plus ‘douce’, c’est, à la longue, éreintant ! ça commence à fatiguer le moteur …. Les kms s’enchainent, la fatigue et les douleurs aux jambes sont bien présentes !!! les sous-bois s’éclaircissent, le sol devient plus souple… je lâche un peu ma vigilance et vlan, un vol plané me fait mordre la poussière : une épaule et un genou gauche douloureux… je suis vite remise sur pied ! je positive en me disant la chance que j’ai d’être là, au milieu de ces paysages magnifiques… et de ses sentiers bien balisés … j’entame déjà les grandes lignes droites et ‘plates’ ouf ! enfin ! ça donne envie de se remettre à courir … je ne me méfie pas assez ! je ne m’économise pas suffisamment !.... je pense à l’arrivée … le panneau des 20 puis des 15 km rythment mon avancée ! j’ai de plus en plus mal aux jambes … quelques petites ampoules me titillent aussi mais je décide de les ignorer … tant que ça ne fait pas plus mal ! j’appelle Véronique qui est arrivée après 51 km et 7h de course … je suis contente pour elle ; on papote un peu… ça me remonte le moral et je repars en suivant de longues lignes droites … je rejoins le dernier ravito…. J’entends qu’il y a encore beaucoup de coureurs derrière, qu’il semble y avoir pas mal d’abandons …. Bref, il ne faut pas rester là … les mauvaises nouvelles : il faut les ignorer et continuer d’avancer ! je surveille mon Garmin : 66 km (la distance officielle de ce trail) et 9h04 de course ! bingo ! je prévoyais entre 9h et 9h30 pour faire cette distance ! je suis contente et en même temps, je commence à râler toute seule car je n’ai toujours pas vu le panneau annonçant les 5 derniers kms !!! bon sang, ça y est, je l’aperçois ! ouf : je devrais être à l’arrivée dans 35 à 40 mn !!! car ça continue de bien descendre maintenant … en plus, c’est du bitume… la hâte d’atteindre le Puy me réjouis, pour 1 fois, de courir sur le macadam … 4 km … entrée dans la ville … je ne pense plus qu’à l’arrivée, et j’oublie que je suis exténuée, je devrais prendre un gel pour m’aider à finir, mais le cerveau ne fonctionne plus très bien …. Je ne réfléchis plus à rien …. 3 km … les petites rues pavées… ça grimpe, ça tourne …. Encore une petite ruelle et c’est la vue sur la cathédrale, tout en haut des marches qui ressemblent à l’Himalaya … là, j’avoue que je suis découragée ! la vue de ces marches me semblent impossibles à gravir … je me force à me dire que c’est grandiose !!! avec les encouragements du public bien assis sur les marches !!! l’une après l’autre, doucement … j’atteins le parvis et à gauche toute pour de nouvelles et dernières marches …. Mon chemin de croix se termine… c’est ce que je crois !!! pourtant, Quelques centaines de mètres encore et c’est le drame … ce que je craignais arrive ! d’affreuses crampes aux 2 jambes : je m’écroule, je crie, je hurle…. Un coureur s’arrête et m’aide à m’étirer…. Ça me soulage…. Je me remets péniblement debout, je mets un pied devant l’autre, doucement , tout doucement …. Pendant ce temps, ça double…. Ça n’arrête pas de doubler…. J’essaie de repartir … ça tient ! …. Encore 1 km, des passages sous des ponts, dans le noir car la nuit est tombée….ça me semble interminable … le stade est enfin là et Véro m’encourage ! je suis heureuse de la voir, je sais que Jean-Jacques n’est pas loin non plus …. Quelques centaines de mètres sur le stade et c’est enfin l’arrivée ! 9h55 pour 71.220 km !  je reprends mes esprits ! je ne suis ni bien, ni mal ! juste contente d’être là ! le challenge que je m’étais fixé est atteint pourtant le fait de finir en ‘vrac’ me déplait ! car pour moi, ma vraie victoire c’est de vivre pleinement ma course jusqu’au bout  ! c’est la satisfaction du travail bien fait en respectant ce corps qui me donne la chance de pouvoir vivre de tels moments ! ce qui n’était pas le cas sur cette fin de course-là ! j’ai ‘subi’ les derniers kms…. Tout en sachant, au fond de moi, que je ne lâcherai pas…

Finir dans un bon état de ‘fraicheur’ : ce sera mon challenge pour une prochaine fois ! dans 1 an, dans 2 ans…, qu’importe, j’y reviendrai !

HELENE

Class.
par Cat.
Dossard Nom Prénom Club Cat. Class.
Scratch
Temps Ecart / 1er Pays
1 519 BEATRICE BESSAC AS IBM LYON  V2 F 267 09:50:54 00:00:00 France
2 153 ANNE MARIE THOMAS CA BRIOUDE  V2 F 275 09:53:38 00:02:44 France
3 484 monique monneraye paillaud USCPCA  V2 F 278 09:54:10 00:03:16 France
4 401 HELENE PASQUET ST JACQUES FOOTING 35  V2 F 284 09:55:40 00:04:46 France
  • Belle performance pour une course bien gérée :
    522 au classement après 1h de course et une remontée constante au classement pour finir, malgré des derniers kms très diffiles à la 284 ème place.
  • 4 ème en V2 à 4mn 46 de la 1ère
  • BRAVO . BRAVO. BRAVO
    Tableau des passages
    Pts Heure pass. Tps course Classt.
    Le Villeret d'Apchier S-11:13
    S-11:13
    00:56:29 522
    Saugues S-12:25
    S-12:31
    02:08:35 497
    Le Vernet S-13:27 03:10:39 429
    Monistrol d'Allier S-14:27 04:10:09 401
    Saint Privat d'Allier S-15:43 05:26:28 180
    Bains S-17:36
    S-17:39
    07:19:35 297
    La Roche S-18:51
    S-18:51
    08:34:34 269
    Le Puy en Velay S-20:12 09:55:40 284
 

2012 - ULTRAMARIN 56 km Golfe du Morbihan

Bonsoir à tous !

Je me joins à Gérard pour vous remercier de ce superbe week-end dans le golf du morbihan.

Après 2 nuits de repos, j’ai déjà l’impression que c’est déjà loin …j’ai plus mal aux jambes et l’envie de courir me reprend !

Ces moments de course sont toujours magiques !

Chaque course est unique mais toujours aussi fortes en émotions !

L’ambiance au camping est toujours aussi sympa, avant comme après la course

La bonne humeur de chacun est toujours là,  même s’il y a un peu de stress ou de concentration avant et après,  où déjà on oublie les moments plus difficiles,

On félicite nos accompagnateurs pour leurs encouragements, ainsi que les sms ou appels sur nos portables pour leur  soutien, une complicité d’un défi toujours plus grand partagé

Cette fois-ci avec Isabelle (et oui, merci Isabelle pour ces heures de course partagées car moi aussi, je n’avais jamais encore fait 56 km…)

Nous avions un paysage merveilleux ! courir avec un coucher de soleil sur la mer, mais c’est du rêve !

Ca ne peut être que du bonheur ! des moments qu’il faut savourer à plein poumons ! et en plus  avec une arrivée sur le port de vannes très émouvante !

Merci à nos reporters  pour toutes ces photos qui nous permettent de revivre ces moments riches en émotions.

Félicitations à tous !

Bonne récup aussi et à bientôt pour une nouvelle aventure !!!

Bises

LOLO

Mars 2012 : un mail de l’organisation de l’Ultramarin annonçant l’ouverture des inscriptions de l’édition 2012 et me voilà tentée par le 56 km : et oui, le départ sera donné à 18h00 et non plus à 22h00, bref calcul dans ma tête, 18+5 = 23 h00, on peut donc le faire en grande partie de jour.

Mais reste d’abord à voir comment se passera les 50 km de l’écotrail, on se décidera ensuite….

Vous connaissez la suite, reste à convaincre les copains et copines de se faire un week-end trail pour accompagner Anita, Hélène et les autres déjà inscrits et là pas difficile, le nouvel horaire change la donne, et nous voilà donc une bonne petite bande sur les lignes de départ pour ce week-end dans le golfe.

Sur le 56 km, nous sommes six joyeux compères de l’association, Danielle, Patrick, Gérard, lolo, Isabelle et moi  sur la ligne de départ. Petite musique d’encouragement, enfin, plutôt bien pesante style départ à la guerre, vous allez en … les petits gars !!

Et donc comme d’habitude, bien stressée au départ, je pars seule, j’ai toujours besoin de partir vite pour évacuer mon stress, dans 2 kms ça ira mieux. Je reprendrai mon rythme de croisière, je ne dois pas avoir un moteur diesel, car il faut qu’il s’emballe au départ pour se calmer après.

Premier ravito, je retrouve Danielle et Patrick qui m’ont doublé un peu avant et surtout Gérard, qui me propose de m’accompagner comme sur le marathon d’Amsterdam : pas envie de faire la course tout seul. Je dois dire, que c’était une bonne surprise, car si en général ça ne me dérange pas de courir seule, la perspective de la nuit seule, ça m’enchantait pas vraiment, alors merci Gérard.

Et donc nous voilà trois duo de coureurs qui allons nous revoir sur tous les ravitos pour faire cette course sur un parcours magnifique : le soleil couchant sur le golfe, pour moi, y a rien de plus beau, ça vaut bien quelques douleurs pour le mériter.

17ème Km, 2ème ravito : tout va bien, Lionel est là accompagné de notre cher toutou, et surprise, ma fille Fanny aussi, ça donne du courage et de la fierté, mais on apprend que qu’Isabelle a un souci avec son genou, que Lolo et elles ne courent plus ensemble, on croise les doigts pour Isabelle, qui était surement la plus motivée d’entre nous. Nous repartons, le parcours va alors nous surprendre, il y a pas mal de route et je n’ai pas les chaussures adéquates, j’ai pris mes trails et la semelle est dure.

Au semi, comme d’habitude, douleur au genou, 1 sporténine et va savoir par quel miracle, quelques kms plus loin plus de douleur.

32ème Km, 3ème ravito : on retrouve Danielle et Patrick, lui aussi commence à souffrir du genou, sans doute les effets de sa course dans la Costa Brava mais une bonne soupe, et ça repart. Bonne nouvelle, Isabelle et Lolo sont de nouveau ensemble, Gérard les attend. Je repars tranquillou en marchant. Mais là, la toux (coqueluche, ça s’appelle) qui m’accompagne depuis près de 2 mois me reprend, il me faudra 2 ou 3 bons kms pour pouvoir retrouver mon souffle. Gérard, m’attend. La mer est haute, la nuit tombe, on met nos lampes, j’en ai trois au cas où, j’en mets une sur la tête et l’autre sur le ventre, j’ai en effet un mauvais souvenir de ma première expérience d’une course de nuit avec une frontale trop faible. La mer est haute, on doit faire trempette, environ 100 m les pieds dans l’eau, je prends l’option traversée avec les chaussures, j’ai pas le courage de les enlever, Gérard prend l’autre option, il préfère passer les pieds nus, résultat, je l’attends un peu plus loin, mais que se passe t’il, a-t-il décidé de se baigner… pas de Gérard à l’horizon, j’attends et… un bon moment plus tard, le voilà, cool. Moi j’ai la patate, ce bain de pieds nous a fait le plus grand bien, on accélère. Bientôt le dernier ravito, mais là, séquence émotion, nous croisons Anita, juste avant le ravito, fatiguée mais toujours avec une bonne tête, cela fait plus 28 heures qu’elle court, il lui reste 14 kms, longs très longs. Elle a froid, c’est vrai qu’avec la nuit, la fraicheur est là et le vent s’est levé, avec la fatigue, c’est plus difficile de se réchauffer. Nous la laissons sur le ravito, nous savons qu’elle finira, elle a un mental d’acier. Nous avons aussi des nouvelles des deux autres duos, tout va bien. Quant à Hélène, elle fait sa course en solo, David souffrant de crampes a dû faire des pauses.

Dernière ligne droite, la nuit est noire, on se donne comme objectif Conleau, le camping, il restera ensuite 5 kms. Depuis le troisième ravito, nous faisons la course avec nos amis de Chantepie, en yoyo, je te double, tu me doubles, même scénario que sur le marathon d’Amsterdam.

Voilà Conleau, une première fois, et revoilà Conleau, crainte, combien de kms reste t-il : 4 ou 5, on n’en veut plus. Mais Gérard a dû faire un petit calcul dans sa tête, il met le turbo, je suis, derrière à 2 ou 3 m, il ne se retourne pas, je le rejoins au dernier km, on finit à trois avec un coureur de Chantepie dans un sprint final. Patrick et Danielle sont arrivés un peu avant nous, et peu de temps après Isabelle et Lolo pointeront elles aussi le bout de leurs chaussures sur cette grande ligne droite.

Pleins les pattes, mais tellement heureux…A quand la prochaine !!!!

Mais nous aurons aussi la super joie d’accompagner Anita, jusqu’à la ligne d’arrivée, elle est partie depuis vendredi soir 19h00, il est 2h30 du matin ce dimanche, beaucoup d’émotion et d’admiration devant cet exploit. Lionel fera le dernier km avec elle, remplacé par Patrick son mari pour la dernière ligne droite.

Hélène terminera au lever du jour toute heureuse avec un super temps, et David qui a réussi à vaincre ses douleurs passera lui aussi la ligne puis Diana accompagnée par Joëlle parviendra elle aussi à franchir cette ligne au bout de 177 km.

Merci encore à tous et en particulier à nos accompagnateurs, car pas facile de nous suivre sur ce circuit, les ravitos n’étaient visiblement pas fléchés et puis pour Lionel, dur d’être sur « la touche » quand on est coureur, alors encore merci pour votre soutien, vos encouragements et vos blagues ;

Le week-end trail se terminera comme il se doit par quelques bulles bues sous une petite pluie : mais ça c’est pas grave, on peut tout affronter !!!

On est des champions , on est des champions, on est on est des champions !!!!!

Véro

Une vidéo sympa compilée par Yvon (vous savez le mari d'Isabelle) pour sa "Isa - belle" championne.

24H de Rennes

dim.

06

mai

2012

24h de Rennes

Bonjour,

Tout d’abord, un GRAND, GRAND MERCI à vous tous, pour votre participation, vos encouragements, votre engagement … sous différentes formes.

Toutes les bonnes volontés n’ont pas été ‘récompensées’ car vous avez été nombreux à proposer vos services en tant qu’accompagnateur ou d’aide dans la logistique….

Pour le bien de Jean-Claude, il a fallu limiter et le nombre de coureurs accompagnateurs et l’aide au suivi de la course et des besoins de Jean-Claude : ce qui a parfois relevé de la prouesse car ses demandes ont pu être ‘surprenantes’ quelquefois !!!

Le temps n’a pas facilité les choses mais vos nombreuses visites, vos sourires ont su réchauffé tous ceux qui étaient sur le ‘terrain’ !

Je viens de raccompagner notre JEAN-CLAUDE à la gare ! je l’ai trouvé très reposé après une nuit de récupération ; à peine mal aux cuisses à ce qu’il dit ! par contre, il est ENCHANTE d’avoir partagé ce WE avec ST JACQUES FOOTING ! il vous en remercie encore car … il reviendra, soyez en certains !!!

Il sait déjà ce qu’il veut en ravito, pour la prochaine course … si, si : DES CREPES !!!!! ………….

Revenons un peu sur le déroulement de ce WE :

Jean-Claude arrive à la gare vendredi à 18h20 , je le rejoins et l’emmène à l’hôtel déposer ses affaires, qui tiennent toutes dans un sac à dos (les filles, prenez-en de la graine…. Et moi aussi ….. je vois déjà vos sourires …. ) !

1èr imprévu : Jean-Claude désire ‘tâter’ le terrain et donc, un arrêt à Bréquigny s’impose ! ça tombe bien, Pascal Neveu est là : on fait les présentations, un petit tour pour ‘visualiser’ quelques difficultés … pas d’impression particulière …

Pour être certaine de répondre parfaitement à ses demandes, et autour de quelques pâtes et d’un riz au lait (merci Lolo) , on pose quelques questions sur la façon dont il ‘voit’ les choses pour le lendemain : rien de spécial … à priori !

8h30 le lendemain matin, Jean-Claude quitte son hôtel, direction les 24 H. récup du dossard, et un 1er tour avec Gérard pour faire connaissance complète de la piste d’1,829 km avant le pan du départ ! quelques poteaux, plaques d’égout, bosses… un vrai travail de mémorisation pour les tours à venir !

Quelques 68 circadiens s’élancent à 10 h tapantes pour 24 h à faire le poisson dans son bocal ! et vue la météo annoncée, le terme est parfaitement adéquat ! sous l’œil intéressé et un peu interrogatif des coureurs jacquolandins prêts à démarrer la séance d’entrainement du samedi matin, coaché par notre amie Véro !

Outre les 12 accompagnateurs jacquolandins, 2 courageuses de l’association, Anita et Diana, sont aussi sur ce circuit des 24 H. nous les encourageons aussi tout en les admirant d’oser un tel challenge, même si elles n’en sont pas à leur coup d’essai …. !

 

Tous les 2h, Chaque accompagnateur prendra le relais : Gérard, Martine, Laurence, Patrick, Véronique, Caroline, Franck, Laurent, Hélène, Christian, Isabelle et enfin Yves pour emmener Jean-Claude vers sa onzième place ! un beau classement dont nous pouvons tous être fiers ! à noter quand même, qu’à part aux ravitos, Jean-Claude n’a pas du tout marché… il a toujours couru ou ‘trottiné’ sans jamais vouloir adopter un pas de marche !

Quelques anecdotes viendront pimenter ces 24 h :

- Gérard est le 1er et a droit aux remarques de Jean-Claude qui se lance de suite dans la course et trouve qu’il n’est pas bien positionné pour ‘doubler’ de suite !!! si si …. Même pas un tour de chauffe ou de prise de contact… direct à l’attaque !!!!

- Martine garde le rythme et sourit aux remarques des autres circadiens qui charrient Jean-Claude sur le bon choix de son ‘accompagnatrice’ : dommage qu’il ne la voit pas …. Ha ha, sacré Jean-Claude ! ça lui plait car il a un humour indéfectible tout au long de ces 24 h !!!

- Patrick qui fait quelques tours supplémentaires, en attendant le prochain relais ! merci Patrick ! pour ça et aussi pour les croissants au petit matin ! hum… ça fait du bien !!!

- Véronique qui assure, au pied levé, les 2h de Caroline, qui n’a pas percuté après une modification du planning initial… ! merci Véro ! et même si Jean-Claude s’et pris les pieds dans le tapis, il ne t’en veut pas … même pas mal ….!

- Caroline assure du coup son relais sans faillir ! merci Caroline pour avoir su rester zen et disponible ! tu as dû plaire à Jean-Claude car il me posera, par la suite, plusieurs fois quelques questions te concernant !

- Franck n’aura aucun souci d’allure pour confirmer une belle remontée au classement de notre coureur parti en 20ème position et qui, petit à petit revient 18ème, puis 15ème … et continue comme ça, tranquillement mais sûrement ! merci Franck !

- Yves qui passe son tour pour permettre à Caroline de courir à sa place et qui assurera, du coup, le dernier relais du dimanche! (en fait, il n’est pas mécontent car il y a un match de foot à la télé ce samedi soir …)!!! merci Yves !

- Un Laurent un peu ‘stressé’ mais qui prend vite confiance et plaisir à chaque tour ; du coup, il a du mal à me transmettre le relais…. Si, si, je vous assure ! … merci à toi pour avoir osé et finalement pris tant de plaisir à participer tout au long de ce we !

- Christian, qui, après avoir failli raté le réveil et le RV à 4h du mat (c’est pas le meilleur créneau, faut quand même le dire et le faire surtout) , doit courir, les 2 h durant, sous une pluie battante ! de l’eau partout, de la gadoue à la place de l’herbe… des trous qui ne voient plus … pas facile ces moments…. D’autant qu’à ces heures-là, beaucoup de circadiens marchent et qu’il ne devient pas facile de ‘doubler’ vue l’état du terrain !!! c’est pourtant ce qu’il faut faire car Jean-Claude est en ‘forme’ et remonte au classement !merci Christian !

- Isabelle, que j’appelle à 5h du mat ! mais elle est déjà prête à affronter les éléments que dame nature nous impose ! et assure donc son relais de 6 à 8, sans sourciller ! ravie de voir que ça t’a plu et merci !

 

Durant tous ces tours, il y a un ‘staff’ qu’il ne faut pas oublier car il est d’une importance capitale pour mener à bien cette aventure, ce sont nos amis de l’intendance et de la logistique que sont Lionel, Pierrick et Daniel ! une présence non-stop et sans faille, durant ces 24 h ! sous un préau, ouvert à tous les vents et Dieu sait que nous n’en avons pas manqué…, du froid, de la pluie…. Bref, rien que des réjouissances peu amènes, qui auraient pu être ‘dramatiques’ sans leur bonne humeur, insensible, que dis-je, hermétique …. à la météo du moment ! et c’est tant mieux car notre Jean-Claude n’a pas hésité à solliciter leur bonne volonté durant ces 24 h ! c’est peu de le dire !!! en effet, si la veille, aucune ‘exigence’ particulière de non-voyant ne semblait être émise … il n’en fût rien pendant la course !!!

Nos 3 compères sont attentifs et se relaient pour connaître, à chaque tour, ce que désire notre ami à son prochain passage ! et quelques demandes provoquent notre étonnement et nous ont fait attrapé quelques bons fous-rires … bon, heureusement, le Super U n’est qu’à 3-400m de là !

- Martine, en attente de son prochain relais, y court une 1ère fois pour ramener du fromage, gruyère et Babibel … pour la satisfaction de notre Jean-Claude !

- il faut savoir qu’il préfère émettre ses demandes à ses copains plutôt qu’au staff bénévole de l’organisation pourtant juste en face de notre point de ravitaillement ! … bientôt, ce sera … de la bière : quoi ! pendant la course ? mais les désirs de Jean-Claude sont exaucés sans avoir à y redire : heureusement, Lionel a mis son camping-car à disposition sur le parking (merci Yoyo) ; il a quelques réserves …. Il y court donc et prépare la bière pour le prochain tour !!!

- Laurent pique un cent mètres, à son tour, pour prendre quelques yaourts dans son frigo ! car Jean-Claude a émis l’envie d’un yaourt … bon, qu’à cela ne tienne ! il l’aura ! après que nous nous soyons assuré près de l’organisation qu’ils n’en avaient pas près d’eux … si, si : une bénévole nous donne le sien, celui qu’elle n’a pas pris à son repas du midi !!! nous avons donc, en stock, un yaourt aux fruits .. au cas où !!!

- Simone et André sont avec nous vers 1 h du matin : Jean-Claude veut, pour la 3ème fois, une bière… hors, nous n’avons plus de bière … et Lionel dort ou se repose dans son camping-car et …. Super U est fermé à cette heure !!! flûte, comment faire ? André se dépêche et s’en retourne chez lui pour récupérer quelques bières …. Tout cela, sans que notre coureur s’aperçoive de quoi que ce soit : sa bière l’attend quand il revient !!!

- Un chocolat chaud fait envie à notre ami, l’organisation nous dit ne pas en avoir : comme nous, ils réfléchissent et décident de lui en faire à partir du chocolat en tablette… il l’aura à son prochain passage !

- Un yaourt aux fruits, à 4 h du matin ! bien sûr Jean-Claude, pas de souci, nous en avons 1 en stock ; à l’abricot, ça te va ???? !!!! hi, hi hi… cette fois-ci, nous ne nous faisons pas avoir …..

 

En fait, Jean-Claude ne se plaint jamais de sa condition physique, mal aux jambes ou autre…. Sa seule vraie question durant toute la course sera celle de la nourriture ou de la boisson qu’il va prendre au prochain tour !!!! et de fait, rares sont les tours où il ne prend rien …. Successivement du sucré, puis du salé, du solide puis du liquide …. Ainsi gère-t-il ses besoins, sans se soucier le moins du monde du comment il est approvisionné ! ça, c’est le problème de l’intendance, pas le sien !!!! cool l’ami !!!!

Chacun a le souci de satisfaire à ses demandes, même les plus surprenantes… et ainsi, le temps passe, les kms défilent au compteur … sans oublier les petites attentions de chacun de vous : du café chaud à notre intendance, l’apéro le samedi soir que nous ont préparé Christian et Martine : nous sommes nombreux à ce moment-là d’ailleurs ! … puis une tite soupe un peu plus tard, ….. des croissants au petit matin ….du riz au lait (pas trop sucré pour Jean-Claude SVP !!!) , du flan…. Chacun y va de son geste, de son sourire…. Et même si le vent ne faiblit pas beaucoup, si la pluie est souvent là… il fait chaud dans notre petit coin, autour de notre table totalement en désordre, comparé aux tables voisines !! !

c’est un joyeux bazard… il y a de quoi tenir un siège pour quelques jours, tout au long de ces 24 h de partage, de convivialité, de bonne humeur et de chaleur …. (humaine, la chaleur bien sûr !) !

Si j’ai pu avoir quelques doutes si le bien-fondé de cette aide à apporter à notre ami Jean-Claude, je suis aujourd’hui émue par cette belle solidarité trouvée au sein de St Jacques footing, qui a profitée à notre ami durant tout ce WE.

Je sais aussi que chacun y aura trouvé le plaisir d’aider, d’apporter son soutien …!

Que vous en soyez tous remerciés !

Merci à Jean-Claude pour nous avoir permis de vivre de tels moments, pas si courants que ça de nos jours !

 

HELENE

 


 

Hélène tu as vraiment une plume de "reporter de courses"!! c'est super de te lire à chaque fois, car même lorsque l'on a été présent(e) on revit encore la course sous un autre angle... et on se dit à chaque fois "vivement la prochaine"...

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Bravo à tous ceux qui ont organisé la participation de l'asso, du planning à l'intendance, c’était vraiment top...

et j'ai trouvé le moyen de me tromper d'heure!!..............

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une grosse pensée pour Véro qui a plongé dans ses tennis pour me remplacer à la volée (à l'heure de l'apéro en plus..).. et pour Yves, qui est revenu le lendemain matin sous la pluie matinale... et vraiment toutes mes excuses d'avoir buggé..

 

(L'intention était pourtant bonne; j'avais attendu 16h pour déjeuner et manger des pâtes, soit 4h avant "mon" créneau de 20-22h (qui en fait n'était pas le bon...)!!!!! Ensuite, peu de temps avant 18h, le "vrai bon créneau, lorsque Pierrick m'a appelé pour me demander ou j’étais, j'étais prête à partir "super en avance : 2h!! enfin je croyais ... car je voulais être là avant pour voir comment cela se passait.. en plus, on venait de me dire que la rocade était bouchée... je ne voulais surtout pas prendre le risque d'arriver trop juste!!!... très sérieuse mais complètement déconnectée!!)

 

Un grand merci à tous les deux mais aussi aux organisateurs de planning (Hélène, Pierrick...) pour avoir arrangé le schlimblick.. car j'aurais vraiment été déçue de ne pas pouvoir participer à cause d'une bêtise comme ça.. surtout que j'ai vraiment adoré participé à ces 24 h collectifs... une super expérience qui a apporté beaucoup à tous je pense, aux côtés de cet incroyable Jean-Claude, qui nous montre que les choses peuvent être parfois plus simples qu'elles ne paraissent... Après toutes les questions que chacun a pu se poser avant pour accompagner Jean-Claude le mieux possible, c'est finalement en échangeant avec lui mais aussi entre nous, avec beaucoup de simplicité et de naturel, qu'on a pu trouvé nos réponses et qu'au final tout s'est bien passé pour tout le monde... et chapeau à Jean-Claude pour ses capacités d'adaptation... car je ne pense pas qu'il ait eu deux guides semblables... mais c'est justement ce qui fait de cette expérience une incroyable aventure humaine...

Vraiment, un grand merci!!!! encore un superbe souvenir..

 

Caroline

 


 

Merci de nous avoir fait vivre ce moment de solidarité active : c'est une expérience que l'on n'est pas prêt d'oublier : un peu d'inquiétude au départ , du stress même, mais surtout de grands moments de joie, de bonne humeur, de fous rires, les 24h sont très vite passées même pour ceux qui sont restés sur le pont durant tout ce challenge. Il est vrai qu' il fallait se tenir à l'écoute des désirs de Jean-Claude et de ses demandes parfois surprenantes, mais c'est peut-être justement ses demandes inattendues qui ont permis à nos intendants de ne pas voir le temps passer et qui en tous cas ont été le fil rouge de cette course.

Pour moi, j'avais vu Jean-Claude vendredi soir, il était très à l'aise, et j'en avais oublié son handicap, les blagues fusaient, il est vrai qu'il a beaucoup d'humour. Mais, mon entrée en piste avec lui , une chute sur la ligne de départ, heureusement sans gravité, m'a vite remis les idées en place : Jean-Claude ne voit pas et nous sommes ses yeux, on mesure alors en le tenant par la main sa fragilité, mais aussi sa force : un mental hors norme.

Encore un très grand merci Hélène, et félicitation pour toute cette organisation, car c'est vrai que que ce sont pour toi, non pas 24h mais plus de 48h non stop, tu mérites aussi une médaille.

Je tiens aussi à féliciter Anita pour sa troisième place féminine, course très bien gérée, comme d'habitude et avec le sourire.

Véro


 

bonjour héléne,

 

ce message déja pour te dire que j'ai bien récupéré.cette semaine j'aieu l'occasion de courir deux fois et encore demain, puis deux séances de natation.

ensuite je voulais encore te remercier pour m'avoir fait une équipe.donc un grand merci à tout le monde de relayeur ou pour l'intendance,et l'acceuil de chacun

tout le monde s'est bien adapté pour me guider, c'était parfait, malgré les questions que chacun se pose ne l'ayant jamais fait

c'est grace à vous que j'ai pu réaliser cette nouvelle épreuve et se résultat..

ça sera avec grand plaisir à l'occasion de revoir toute l'équipe, et surtout si l'un d'entre vous est de passage sur dijon , ne pas hésiter à me le faire savoir ou pour l'occasion d'une course dans ma région.

je suis ravis d'avoir fait votre connaissance

sportivement

 

j-claude...

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ven.

25

nov.

2011

La Rotte des Gobions verts

UN RETOUR AUX SOURCES EN COURANT …….

SUR LES ROTTES DES GOBIONS VERTS ! à ROMILLE !

 

La course de 13.5 km est prévue à 10 h ce dimanche matin 20 novembre ; un temps frais, parfait pour aller se dégourdir les pattes avec un soleil au rendez-vous…

Pierrick sera le Gobion- chauffeur de ses 3 dames …. En bon co-pilote, la route de Romillé est toute tracée ! de plus, dès les abords du bourg… quelques gobions indicateurs nous confirment que nous sommes sur la bonne ‘rotte’….

C’est mon pays natal, donc ce sera un dimanche fait de ‘retrouvailles’, de vieilles connaissances bien sympathiques …. Mes origines et mes souvenirs (de jeunesse) me rattrapent ! et j’en suis très heureuse ! ça fait marrer mes 3 amis jacquolandins-Gobions qui me menacent à plusieurs reprises d’en avertir un certain Jean-Jacques …. Bandes de rapporteurs va !!!!! c’est bon enfant et en tout bien tout honneur pourtant … justes quelques bises par-çi par-là à quelqu’autres Gobions !!!

ça met de l’ambiance, nous sommes bien tous les 4 ! nous prenons nos dossards et décidons de nous échauffer un peu en suivant un parcours bien balisé tous les 100 m dans un chemin longeant le terrain de sport …. Nous sommes 265 Gobions au départ … alors ça se bouscule un peu bien que nous ne soyons pas encore sur les ‘rottes’ !!! comme d’hab, ça part vite … ça bouchonne légèrement puis c’est parti pour 13.5 km ! les chemins sont secs et parés des belles couleurs de l’automne ! c’est un vrai bonheur d’être là avec mes 3 amis !

nous courrons ensemble pendant toute la course avec Sylvie comme meneur d’allure, Pierrick dans ses talons ! Isabelle les a en ligne de mire une centaine de mètres derrière et moi, ben je suis ! je me cale dans les talons d’Isabelle en grande forme.. malgré ses quelques doutes sur son allure et sa capacité à tenir le rythme !!! des jolis chemins, quelques passages sur de petites portions bitumées et c’est sans faillir un seul moment qu’elle enchaine tous ces kms… un ravito après 7 ou 8 km, bien achalandé ! 59 mn et déjà 10 km de fait ! l’allure est très correcte ! une seule et unique côte bien cassante me fait mal … je m’oblige à garder l’allure pour ne pas me faire décrocher mais le souffle est un peu court …. J’expire….. tant que je peux pour récupérer sans ralentir …. Ouf… ça va mieux ! un coup d’œil au Garmin, l’arrivée est toute proche ! un petit chemin doré nous y amène puis virage à 180°, une dernière montée pour rejoindre le terrain des sports et franchir la ligne en 1h16 ! le temps visé se trouvait autour des 1h20 ! donc objectif atteint !

c’est vrai que Pierrick et Sylvie étaient dans un grand jour et ont mené l’allure avec aisance et sourire ! Isabelle s’est ‘éclaté’ sur ce trail ; donc heureuse d’avoir partagé ce bon moment et donc un grand merci à mes 3 amis Gobions !

Hélène

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dim.

05

juin

2011

TRANS AQ 2011 par Pierrick

TRANS AQ 2011

La Trans Aq c’est un flyer pris sur une table lors d’une course il y a 2 ans. Un flyer mis de côté car 240 kms en autosuffisance c’est pour les coureurs expérimentés dont je ne fais pas parti. Lorsqu’Hélène émet l’idée de courir l’édition 2011, je me dis que l’heure est arrivée de franchir un cap. Le temps de préparer ma petite famille à cette idée, de programmer mon absence au bureau et fin décembre je me lance dans l’aventure.

Je dis souvent que ce que je préfère dans une course c’est la préparation. Pour le Trans Aq c’est encore plus vrai.

Pendant 6 mois c’est tout d’abord une préparation physique où le kilométrage et le travail du dénivelé auront une place prépondérante. Fin février, pendant qu’Hélène par pour un raid dans le sud marocain, je reconnais un circuit sur Pléchatel – St Senoux – St Malo de Phylis à fort dénivelé. Ce circuit sera notre terrain de jeu favori dans la dernière phase de notre préparation. Dans notre programmation, nous inscrivons à l’Eco trail de Paris comme course test. Pour un test, ce fut un test négatif ! Mais aussi positif car cet abandon au km 65 me fait prendre conscient du travail qu’il reste à accomplir pour être au top 4 mois plus tard. Hélène en attentive partenaire saura avoir les mots pour me remettre sur les rails. Son expérience acquise au cours des raids africains me sera d’une grande utilité. Nous montons progressivement en volume, puis après une stabilisation nous reprenons notre monter en puissance. Nous incorporons des blocs de fatigue, des blocs de 4 à 5 jours d’entrainement consécutif dans notre préparation afin de préparer notre corps à mieux supporter la fatigue.

C’est aussi une préparation matérielle et logistique. Il nous faut préparer le sac à dos, avec matériel obligatoire, couchage, vêtements, repas lyophilisés et   tout ce qui est nécessaire pour survivre pendant une semaine. L’organisateur fournit uniquement une tente, un réchaud et l’eau ! Le reste c’est au coureur de s’organiser en respectant un poids de sac compris entre 3 et 7 kg. Nous partageons nos lectures, nos tests et le casse tête durera jusqu’à la veille du départ.

Nous consacrerons 4 semaines à tester grandeur nature notre sac à dos sur les chemins de halage et forestiers dans les environs de St Senou. Lionel en ami dévoué sera des nôtres lors de ces derniers préparatifs.

S-1. Nous fin prêt. Nous sommes confiants et pressé d’être sur les bords de l’Atlantique. A quelques jours du départ, le papa d’Hélène est victime d’un grave problème de santé. Le pire est à craindre. Jusqu’au dernier moment son départ est compromis. L’état de santé de son père se stabilise, et avec le soutien de ses proches, elle prend la décision de partir pour la Trans Aq.

J-2 – Samedi 28 mai. Le samedi est un jour en demi-teinte. Dure d’être enthousiasme lorsqu’un proche est hospitalisé. Je suis de tout cœur avec Hélène et je comprends son attitude, ce sont toujours de moments délicats à vivre. Au fil des kms nous plongeons petit à petit dans notre semaine de course. Un téléphone au clavier bloqué, puis une lampe frontale récalcitrante montreront l’état de fébrilité dans lequel est Hélène.

Nous arrivons en fin d’après midi à Hourtin. Premier contact avec l’équipe organisatrice. Nous faisons connaissance de Gérard Caupène, l’organisateur, puis d’Isabelle qu’Hélène à côtoyer lors d’un raid au Mali. Puis c’est 5 luxembourgeoises qui croissent notre route, elles connaissent Hélène par l’intermédiaire d’un copain qui à fait le Mali 2 ans plus tôt. La renommé d’Hélène à franchit les frontières !

Le feeling passe et nous décidons de partager notre fleur. Quézaquo ? Une fleur est composée de 3 pétales et 1 pétale = 1 tente de 3 personnes. Vous suivez ? Nous nous retrouvons donc 9 coureurs dans une fleur qui porte le joli nom de « Dunes d’amour ». Je serai avec Philippe qui nous rejoindra le lendemain, entouré pendant une semaine de 7 sympathiques « jeunes » femmes. La course aurait pu commencer plus mal !!

Suit le repas du soir en compagnie de 4 suisses et 1ère nuit en tente. Le matelas de 8 mm s’avère très insuffisant tout comme l’épaisseur de sac de couchage. Nous sommes au bord d’un lac et l’humidité de la fin de nuit pénètre partout, il faudra s’habituer car nous aurons une majorité de nuits en bordure de lac.

J-1 – Dimanche 29 mai. Le dimanche est consacré aux formalités administratives et à la validation des équipements. L’après midi c’est la pesée du sac, un rituel dans l’organisation de la Trans Aq. Ma 1ère pesée dépasse les 6 kg alors que mon sac de mi-course est à 2.5kg. Je réparti mieux mes affaires et décide de faire l’impasse sur un tee-shirt supplémentaire et autres gadgets superflus quand on est au fin fond de la forêt landaise. Nous privilégions les batteries et accu pour nos portables et Garmin. Vu les circonstances, il faut qu’Hélène puisse être joignable tout au long de la semaine. Le sac de course sera validé à 5.5kg et le sac de mi-course à 2.96kg (maxi autorisé = 3kg). A partir de cet instant nous sommes dans la course.

Le reste de la journée nous faisons plus ample connaissance avec nos voisines. Marie Laure et Philippe viendront compléter les 3 tentes. Philippe, landais d’origine a déjà fait la Trans Aq en 2009 sera notre colocataire à Hélène et moi.

En fin d’après midi, briefing de Gérard, Sue à la traduction anglaise. Il portera sur les grandes lignes du règlement, les recommandations de sécurité et surtout sur l’utilisation des road book : densité du sable, légende des divers chemins, …

Nous sommes invités à partager un ti-punch en mémoire d’un membre du staff disparu quelques mois plus tôt. Suit le repas du soir (pâtes à la bolognaise) qui sera notre dernier repas « naturel » avant une semaine.

Derniers préparatifs, Dernière soirée avant le grand saut vers ………… l’inconnu.

Etape 1 - Lundi 30 Mai

Piqueyrot (Hourtin) / Maison Forestière de la Gracieuse (Hourtin)

26,3 KM, D+ 342 m. Cut off 4h47 (5,5 km/h)

Première mise en jambes avec une étape courte mais qui nous donnera un aperçu de la Trans Aq car tous les terrains y seront abordés. Notre objectif de la journée c’est simple : cool. Ne pas griller des forces inutiles, rester dans l’allure fixée (7 km/h) avec un temps estimé à 3h47 ! Donc pour ces 1ers kms c’est en fin de peloton que nous commençons notre périple. Tout d’abord sur une piste cyclable tous en longeant le lac d’Hourtin, puis c’est les longs sentiers en forets que nous découvrons en direction de l’océan. Passage pour quelques km sur la plage. Moments de bonheur, nous sommes bien, plaisir simple. Des km de sable à perte de vue, la musique de la mer pour nous accompagner dans nos pensées. Que du plaisir. Nous contrôlons notre allure car l’envie d’accélérer est grande mais prudence. Nous partageons ces instants avec quelques unes de nos co-locatrices luxembourgeoises.

Au 16ème km c’est le ravito en bordure du lac, plein des bidons, pointage des coureurs et encouragements des bénévoles qui seront tout au long de cette semaine de course d’une gentillesse et d’une disponibilité sans faille.

A la sortie du ravito, une belle bosse à franchir, et 10 kms plus loin après un long mono trace en bordure du lac c’est l’arrivée au bivouac sous les applaudissements du staff. Chrono de 3h47 pilou dans l’estimation et une 100ème place pour commencer.

Pour ce 1er bivouac, le lac fera une belle baignoire naturelle. Un vrai luxe pour cet endroit au milieu de nulle part. L’eau est fraiche mais délicieux moment de détente, je profite et vit pleinement ces moments. Après une collation nous nous retrouvons sous les pins protecteurs du soleil pour une sieste réparatrice.

Ensuite comme tous les soirs briefing de Gérard pour nous commenter l’étape du lendemain, moitié conseils moitié recommandations, mais toujours une mise en garde car la Trans Aq ne pardonne pas au trop audacieux. Une petite soupe et au lit car demain l’aventure continue.

 

 

Etape 2 -  Mardi 31 Mai

Maison forestière de la Gracieuse / Maison forestière du Lion (Lacanau sud)

40,60 km, D+ 410m. Cut off 8h08 (5 km/h)

Cette étape va nous emmener au sud de Lacanau. Notre estimation est de 5h50 pour cette étape longue et exigeante. Peu après le départ nous avons un point de vue quasi inédite dans les landes : le lac d’Hourtin d’un coté et l’océan de l’autre, le spectacle vaut bien une photo …

Nous arrivons sur la plage, et comme la veille le spectacle est grandiose et il y a comme une ambiance de fête. D’ailleurs Hélène en profite pour jouer les starlettes. Je suis heureux de la voir aussi cool et rassuré sur son mental. Mais si nous savourons pleinement ces km de sable dur, avec le vent dans le dos, il faut prendre la carte dans le bon sens et prendre une décision importante : le road book nous donne la possibilité de continuer sur la plage pour 6 kms supplémentaires ou rester sagement sur l’itinéraire fléché fait de sentiers plus ou moins sablonneux, plus ou moins vallonnés. Au loin sur la plage bon nombre de coureur on fait le choix de la plage, avec notre GPS nous saurons précisément le nombre de kms parcourus et donc nous pourrons rejoindre « facilement » l’itinéraire balisé. Sur la plage nous retrouvons d’autres coureurs et chacun mènera l’allure à tour de rôle. Cette « coupe » est bonne pour le moral, 12 km de terrain stable sur les 40 que comportent notre étape c’est le top. Chacun est heureux, les visages sont souriants mais il faut rester vigilant et savoir sortir de la plage. Hélène manifeste son envie de prendre la prochaine brèche dans la dune et l’intuition est certainement féminine car cette brèche donne sur un chemin qui nous mène 100m plus loin droit sur le ravito. Bingo. Plein des bidons, et l’aventure continuera par de la forêt jusqu’à l’arrivée. Le circuit nous emmènera sur les bords du lac de Lacanau. Instant paradisiaque et paisible, les bicoques et bateaux d’hier côtoient les villas et autres catamarans d’aujourd’hui, c’est un feu d’artifice de couleurs,…..

Nous longeons sur plusieurs kms le lac, arrive le dernier ravito et nous retrouvons Philippe notre colocataire à la recherche d’un second souffle. Nous lui proposons de faire la fin de l’étape avec nous. Sur cette fin d'étape nous traversons d’immenses parcelles totalement dévastées, les sentiers ont été défoncés par les engins de débardage, le sable est mou, voir très mou. Nous sommes dans l’effort, le soleil est au plus haut. Nous profitons d’avoir Hélène en grande forme, elle est 2 à 300 m devant nous, elle nous montre le chemin, ce qui nous permet à Philippe et moi de couper le chemin à la moindre occasion et de gagner de précieux mètres. Merci Hélène.

Arrivée la main dans la main pour nous trois. 5h40 et une brillante remontée au classement avec une 78ème place. Collation spéciale (pain + fruit + bière) en cette fin d’étape pour nous aider à récupérer et surtout à nous préparer pour la longue étape du lendemain. La toilette ce jour se fera au pied d’une pompe à main, où chacun pompera à tour de rôle pour apporter l’eau à son copain. Moment convivial où la bonne humeur est au rendez-vous. Une fois la « toilette » faite c’est l’heure de la récup et de l’inventaire des bobos. Si de mon côté les choses se présente relativement bien pour Hélène les pieds ont souffert de ces 40 kms. De grosses et vilaines ampoules ont faits leur apparition entre les doigts de pieds. La trousse à pharmacie est sortie et c’est à la seringue et éosine que l’affaire se traite. Bon courage Hélène.

La podologue de service en quête de patient nous rend visite et aide Hélène dans sa douloureuse entreprise. L’éosine brule et Hélène est proche de tomber dans les pommes. Il lui faudra plusieurs minutes pour refaire surface. Au vue des blessures, je suis inquiet, avoir des pieds dans un tel état au bout de la 2ème journée, ne présage rien de bon pour la suite. Il faut faire sécher et demain refaire les soins et bandage.

 

 Etape 3  -  Mercredi 1er juin

Maison forestière du Lion / Pointe du Cap-Ferret (plage)

58,1 km, D+ 310m, Cut off 12h55 (4,5 km/h)

C’est l’étape la plus longue. Notre allure sera basée sur un temps en 9h00 Nous avons bien gérer nos 2 premières étapes donc nous avons les ressources pour mener à bien cette journée. C’est dans cet état d’esprit que je me lève. Le départ sera donné en 2 vagues, les 75 premiers du classement partiront à 9h00 (ce qui est le cas de Philippe) alors que pour nous, le départ se fera à 7h30. Hélène doit ce matin consacré beaucoup de temps à soigner ses pieds, il faudra tenir près de 60 kms !!!! Au briefing la veille Gérard nous aura fait peur comme à son accoutumé en nous mettant en garde sur les derniers kms : ce sera une enfilade de « montagnes russes » sur plusieurs km avant d’arriver sur la plage et finir par 6 kms de sables plus ou moins dense, selon à quel moment nous passerons (marée descendante). Donc plus que jamais la prudence est de mise et nous sommes d’accord sur un point : pas de folie, pas de coupe hasardeuse qui pourrait nous pénaliser et nous faire perdre du temps et de l’énergie. Sur le road book, les coupes intéressantes sont neutralisées par des points de contrôle intelligemment positionnées empêchant ainsi toute velléité. Bien sûr la sagesse n’est pas la principale qualité d’un compétiteur et les coupes se feront mais sans nous. Un groupe mené par les jeunes militaires prendra un travers qui sera sanctionné par la direction de course car les coupes sont possibles à condition de respecter des règles simples et notamment celle interdisant formellement de piétiner les parcelles de jeunes pousses. La Trans Aq pourrait avoir des compte à rendre avec l’ONF, mais plus grave si les coureurs se perdent, il sera très difficile de les retrouver car il y très peu d’accès pour les 4x4, nous sommes au plus profond de la forêt des Landes.

Les premiers kms se font dans un décor sauvage, nous sommes sous les pins avec des fougères aussi hautes que nous. Le sol est ferme sous nos pieds et ce début de course se passe aussi bien que possible. Un groupe de 6 coureurs se forme naturellement : Pascal, Hélène, Béatrice, Pascale, Arnaud, Arnaud (de gauche à droite sur la photo du bas à gauche). Au fil de la conversation les duos, trios se font et de défont. Nous sommes attentif aux autres, nous nous attendons, alternons marche et course au gré des difficultés et des coups de fatigue. Pour ma part je passe de nombreux kms à discuter avec Pascal. Ce triathlète normand est un personnage attachant et fort sympathique. Il me parle de son projet de traverser en janvier 2012 l’Atlantique à la rame, départ de Dakar et arrivée entre 40 et 60 jours plus tard aux Antilles. Il a construit son projet depuis 2 ans pour faire connaitre une maladie infantile rare : la maladie de XXX. Depuis 2 ans il construit lui-même son embarcation, apprend la navigation, suit des stages de survie, crée un site internet (www.lesbrasdelocean.fr), fait des conférences dans les écoles pour que son aventure soit l’aventure d’un maximum de personnes….. Bref cette rencontre avec Pascal restera un moment fort de cette Trans Aq 2011.

Les contrôles se font fréquent dans ce début de course, c’est toujours un moment sympathique de croiser tous ces bénévoles. Passage sur le canal, la nature dans ses plus beaux habits, c’est tout simplement beau.

Pendant que nous faisions sereinement notre course, en tête de course les places bougent. Contre toute attente nous voyons arriver 2 coureurs de tête de classement mais pas de Guillaume qui caracolait en tête depuis le début. Nous apprendrons que Guillaume se perd dans une coupe et ne respectant pas les consignes, il continue sa course avant de s’apercevoir qu’il est sur la mauvaise piste. Bilan 8 km dans le mauvais sens, une course effrénée à près de 15km/h pour refaire sa place. Nous le voyons nous dépasser telle une bombe 10 mn après les 2 premiers. Mais la nature reprend ses droits et il finit par exploser en vol, ne pouvant maintenir ce rythme. Nous le rencontrerons quelques instants plus tard en sens inverse pour rejoindre un point de contrôle et arrêter définitivement la course. Cette attitude jugée peu sportive par beaucoup de coureurs alimentera les conversations le soir au bivouac. Avec l’avance prise les 2 premiers jours, il avait la possibilité de finir l’étape en limitant les écarts et de repartir le lendemain plus serein, d’autant que le mercredi était une journée de récupération avant l’étape de nuit. Dommage.

Pour nous tout se passe bien, les kms passent et nous voici dans les très redoutées «  montagnes russes ». Comme son nom l’indique cette partie est une suite de montées et descentes, dans des chemins très sablonneux, avec d’énormes ornières laissées par les engins de travaux forestiers. Pour ma part, je laisse le groupe aller à son rythme, je ne fait pas l’effort dans les bosses, je profite des descentes pour recoller au groupe. Je ne veux pas me griller à plus de 15 kms de l’arrivée. Sans doute pour avoir mal gérer mon alimentation, j’ai grand coup de « mou » à la sortie des montagnes russes. Le dernier ravito est là, je prends mon temps pour prendre un gel, boire, me rafraichir, rempoter mes bidons, enlever le sable de mes chaussures. Le groupe à repris la course, mais il n’est pas loin et je sais pour l’avoir vécu dans d’autre course, que dans un quart d’heure la forme sera revenue. Nous nous regroupons un peu plus loin sur la piste cyclable qui nous emmène jusque sur la côte. Une dernière dune et c’est l’océan, 6 kms de plage plein sud et le bivouac se dévoilera au dernier moment. Car en fin organisateur, Gérard nous a dit avoir masqué le bivouac de la plage afin de maintenir le suspens le plus longtemps possible.

Quelques photos pour immortaliser ce moment que nous vivons à pleins poumons. Je retrouve la plage pour la 3ème fois depuis le début de la semaine et c’est toujours un moment de pur bonheur. Où que mes yeux se posent, il n’y a que mer et sable et quelques points qui se déplacent vers le sud. Pas de béton, pas âme qui vive. J’ai une réelle sensation de liberté, je suis bien. Je suis entouré de personnes avec qui j’ai partagé une belle journée, des instants arrachés au temps. Comme plus tôt dans la journée, je passe beaucoup de temps avec Pascal. Nous reparlons de son projet, je suis très curieux, derrière la montagne de muscles se cache un homme généreux, qui sait se mettre au service des autres. Les kms passent, nous finissons à la marche car la fatigue est là, le sable est dense, peut-être que nous avons envie de profiter au maximum de ces instants magiques….

Et puis l’arche tant attendue se dessine au détour de la plage. Nous franchissons à 5 la ligne d’arrivée, Arnaud un peu plus lent, s’est laissé distancer sur la plage. 9h06 et une brillants 82ème place, à 6 mn de notre estimation. Nous continuons à gérer correctement notre allure.

Nous récupérons une bouteille d’eau gazeuse pour fêter l’évènement. Nous récupérons également notre 2ème sac avec le plein de vivres et de linges propres pour les 3 prochains jours de course.

Le campement est installé sur la plage en face de la dune du Pila, notre prochaine étape. La salle de bain ce soir est installée dans la petite station de Lège Cap Ferret. Pour y arriver il nous faut passer devant les restos, dur supplice quand on se nourrit depuis 3 jours de repas lyophilisés. Donc la douche c’est toujours aussi spartiate : tuyau d’arrosage sous une toile de tente pour l’intimité !! Le principal c’est de se sentir propre. La fraicheur des vêtements propres font du bien. De retour j’essaie de manger mais à part une soupe rien ne passe. Je grignote le reste de la soirée mais rien de bien consistant. C’est l’heure de compter les bobos. Pour ma part je soigne mes petites ampoules, tout va presque bien. Hélène de son côté reprend sa séance de piqure à l’éosine, rien de pire que le matin. C’est une presque bonne nouvelle. Demain c’est une journée de récupération, elle fera le plus grand bien.

La dune du Pila est là de l’autre côté du bassin à nous narguer. J’ai en tête la photo des coureurs des années précédentes qui grimpaient à 4 pattes le tas de sable….. C’est sur ces images que je dois faire dormir les yeux, à moins que ce soit celles de notre groupe de 6 au cours de cette belle journée…..

 

Etape 4 – Jeudi 2 juin

Le Pyla sur Mer (club nautique) / Lac de Cazaux (Esplanade Labat)

28.10 km, D+409m, Cut off 5h36 (5 Km/h)

 La nuit s’est bien passée. Ce matin c’est la grasse matinée. Je tente une soupe au petit dej, c’est bon et cela fait du bien. Pendant toute la journée je vais manger régulièrement, et recharger les batteries. Avec l’estomac en ordre de marche, la tête va beaucoup mieux. Dans ce type d’épreuve une bonne récupération et une bonne nutrition sont gages de réussite. Ensuite j’ajuste mes repas pour le reste de la semaine, fais le tri parmi mes vêtements, car il faut repartir avec un poids mini dans le sac à dos. En début après-midi, il nous faut quitter notre tente. C’est dans un parc public que nous attendrons l’heure pour embarquer dans les zodiacs qui nous déposerons de l’autre côté du bassin. En arrivant sur la plage c’est Jean Jacques mon photographe préféré que je voie l’objectif à la main prêt à faire feu. Ensuite c’est Yoyo, Véro et leur fille Cécile qui sont là pour m’accueillir. C’est émouvant de voir les amis qui ont fait cette longue route pour nous témoigner de leur sympathie. Je rejoins Hélène qui est en train de soigner ses ampoules. Le départ est prévu pour 21h30, c’est une étape de nuit sans road book, le balisage se fera aux tracés habituels plus des bâtons lumineux. Le départ est donné sur la plage, après un passage dans la ville en raison d’une marée haute et d’autorisation administrative invalidée, nous nous retrouvons au pied de la fameuse dune. La montée se passe beaucoup mieux que ce que j’avais imaginé. Au sommet nos copains jacquolandins sont au rendez-vous, par contre le soleil a oublié notre rendez-vous et La photo du coucher de soleil se sera pour une autre fois. Quel plaisir de voir nos amis ! Nous longeons les 2.5km de crête avant de plonger vers la plage. Nous suivons la plage sur 6 km, les pêcheurs sont au rendez-vous ce soir, il faut faire très attention aux lignes qui nous barrent le chemin. Un membre du staff nous indique la fin du passage sur la plage. Après un passage dans un bac à sable de 600 m nous en profitons pour faire le vide de sable dans nos chaussures et nous restaurer. Nous prendrons un interminable chemin, fait de faux plats et de passages de sable plus ou moins mou. Arrive le ravito qui marque la mi-course et rare repère dans cette étape de nuit.

Depuis le début de cette étape nous courrons avec Béatrice et Arnaud nos compagnons des jours précédents. Mais le rythme devient difficile à tenir pour Hélène. Ses pieds la font souffrir et nous laissons le groupe partir devant. Le but est comme toujours finir l’étape en maitrisant notre effort. J’entends régulièrement Hélène pousser des cris de douleur à chaque choc avec les racines ou les cailloux. Je suis attentif à notre progression et alors que nous montons une bosse particulièrement sablonneuse et difficile, je ne vois pas la balise qui nous indique le changement de direction sur notre gauche, nous continuons sur 7 à 800m avant de constater au prochain croissement qu’il n’y a pas de balise. J’ai emmené dans cette erreur Hélène et 2 autres coureurs. Un croissement sans balise, la règle est simple : demi-tour. Nous faisons donc demi-tour, nous remontons notre chemin sablonneux et nous retrouvons le bon chemin. Je suis énervé d’avoir commis cette erreur, avec l’état des pieds d’Hélène c’était l’erreur à ne pas faire. J’en prends un coup au moral, par contre Hélène sort de sa torpeur et c’est 2 paires d’yeux qui dorénavant montent la garde. Ce coup de « chaud » passé, nous prenons le temps de lever les yeux et d’admirer le ciel illuminé d’étoiles. Il fait doux, nous savourons malgré tout ces instants. Nous sommes au milieu de la forêt il est prêt de 2h00 du matin, aucun bruit, les parfums des pins et fougères nous enivrent. Humm !!!

Nous progressons dans un monotrace à travers les fougères, le rythme est meilleur et nous retrouvons quelques kms plus loin quelques coureurs dont Pascale et 2 luxembourgeoises. Nouveau coup de panique, nous arrivons à un croissement sans balisage, nouveau doute, sommes-nous encore perdu ? Nous refaisons le chemin en sens inverse, pour rencontrons d’autres coureurs qui nous confirment que nous sommes sur le bon balisage. Re demi-tour pour reprendre le circuit dans le bon sens, nous passons le croissement sans balisage, et une centaine de mètre plus loin, une rubalise nous rassure sur notre position. Nous sommes une bonne dizaine en file indienne à progresser à un bon rythme sur ce mono trace. A la dernière balise je retrouve Hélène qui était un peu plus loin dans la colonne, et c’est rassuré de voir l’arche bleue surgir du noir que nous allons nous réconforté autour d’une soupe et d’un morceau de pain. En apéro l’organisation qui ne recule devant aucun sacrifice, nous offre un verre de Cérons, vin blanc moelleux. Fatiguée, Hélène rejoint rapidement notre tente. Je reste un long moment en tête à tête avec ma soupe. Je suis heureux d’être arrivé, mais très déçu par la manière. Cette erreur à mi-course nous aura coûté avec l’autre croissement douteux une bonne demi heure de plus sur notre estimation. Nous finissons en 5h01 pour une prévision en 4h30. Elle aura pu avoir des conséquences plus fâcheuses.

Un membre du staff nous attend à l’entrée du camp de pour nous conduire à notre tente. Ce soir, cette nuit plutôt pas de décrassage, j’enlève tous mes vêtements humides que j’étends comme je peux, en espérant le retrouver sec quelques heures plus tard. Car la nuit va être courte d’autant que nos voisins britanniques ont décidé de nous pourrir la vie encore un bon moment. Dans 4h c’est le réveil.

 

Etape 5 - Vendredi 3 juin

Maison Forestière de Leslurgues (Mimizan plage) / St Julien en Born (camping de la lette fleurie) 28 km, D+ 459m, Cut off 5h06 (5,5 km/h)

 

6h30 réveil comme tous les matins. La nuit aura été courte mais je ne suis pas trop à côté de mes pompes. Ce matin le bivouac est calme. Tout le monde vaque à ses occupations. Il n’y a pas ces grandes rigolades des matins précédents. Le campement se réveille doucement. Nous sommes au bord du lac de Cazaux, l’endroit est magnifique.

Un coureur courageux en profite pour piquer une tête. Une rapide toilette pour avoir la sensation d’être propre et c’est reparti.

9h00 les cars sont là pour 2h00 de transfert à côté de Mimizan plage. Un camp militaire « sensible » nous prive de cet endroit de la côte.

Hélène en profite pour vérifier la carte, une erreur ok, mais pas 2….

Je crains cette journée car après une étape de 60 kms, une étape de nuit et peu de sommeil, j’ai peur que les crampes surviennent. Depuis le début de l’aventure, je n’ai pas eu de courbatures, ni crampes et je me dis que si cela devait arriver, c’est sur ce type d’étape. On verra bien.

Les premiers kms nous progressons sur des pistes cyclables, puis se sera du chemin forestier. Peu de difficulté pour ces 28 kms en milieu forestier. Le sable est plus dense que sur le nord de l’Aquitaine. Seule la chaleur peut nous ralentir, donc nous nous hydratons régulièrement. Nous reformons un groupe de 4 coureurs avec Béatrice et Pascal. De beaux moments …. L’ambiance est sereine au sein du groupe, nous savons que quoi qu’il arrive nous serons demain sur la ligne d’arrivée. C’est rando course toute la journée.

Hélène ne parle plus de ces pieds, elle souffre en silence, car côté cicatrisation c’est loin d’être le top. J’ai beau connaitre Hélène et sa force de caractère, j’en connais beaucoup qui aurait arrêté depuis 3 jours. Elle force mon admiration.

Nous arrivons en vue du camping qui nous accueillera pour cette 5ème étape. Nous entrons par un portillon et c’est une standing ovation que nous gratifie les coureurs déjà arrivés. Nous traversons le campement pour passer sous l’arche que les organisateurs ont placé à l’opposé. C’est un moment fort en émotion. Photo souvenir, embrassades, un instant fort de cette Tans Aq …. Nous finissons en 4h02’13 pour un temps estimé en 4h01’55. Qui c’est les champions ? Jusqu’aux derniers arrivants, 2h30 plus tard, le campement applaudira les coureurs. Une belle solidarité.

Les tentes sont dressées au milieu des fougères. Nous allons prendre la première douche chaude depuis le départ. C’est le grand nettoyage, la grande lessive...

Passage par la case podo, car tout l’après midi une douleur parfois vive me prenais à l’extrémité d’un doigt de pied. Il y avait bien une petite ampoule depuis 2 jours, mais pas vrai important. Ce sera donc un ongle incarné qui sera à l’origine de cette douleur. 2 coups de ciseau, une grosse sueur froide, un cœur qui monte à 200 et c’est fini.

La fin de soirée se passe comme dans un rêve. L’ambiance est à la rigolade sur le campement, on est tous heureux d’être encore là. Nous savons que la dernière étape ne sera qu’une formalité. Après un petit diner copieux, on se couche tôt, on reste longtemps à raconter nos « vies », nos rêves de coureur….. La vie est belle. Le sommeil viendra plus tard, je vis pleinement cette fin de soirée. Pour moi la Trans Aq pourrait s’arrêter là, j’y ai trouvé ce que j’étais venu chercher ….

 

 

Etape 6 - Samedi 4 juin

St Julien en Born / St Girons plage

22,8 km, D+ 142 m, Cut off 4h09 (5,5 km/h)

C’est la dernière étape, je suis en pleine forme, j’ai envie de me lâcher. Bien sûr je n’oublie pas la course d’équipe que je fais avec Hélène et nous franchirons quoi qu’il arrive la ligne d’arrivée ensemble. Je me le suis promis depuis le départ. Mais je sais aussi que dans ces finish, ne pas courir dans son rythme on peut y laisser des plumes. Le départ sera rapide, tout le monde n’a plus rien à craindre. Nous courrons nécessairement le début plus vite que les jours précédents. Je me positionne devant Hélène pour imprimer une allure rapide, j’essaie de rester au contact visuel. Un autre coureur optera pour la même tactique avec son amie. L’allure a beau être rapide, je suis dépassé par beaucoup de coureurs. Ils sont tous fou ce matin, ça sent l’écurie. Après avoir longé un cours d’eau, nous passons dans une grande étendue herbeuse et marécageuse où paissent tranquillement des chevaux. Puis c’est de nouveau des chemins forestiers. Je marche dans les montées, je reprends la course dans les descentes, Hélène est toujours quelques centaines de mètres derrière, je l’aperçois régulièrement dans mon rétroviseur. Elle a beau avoir les pieds en piteux état, je sais qu’elle est capable de s’énerver et de nous mettre une accélération dans les derniers kms. Elle est comme ça notre tortue bretonne !!

Km 14, le ravito est en vue, nous sommes dans les derniers passages sablonneux. Hélène me rejoint. Je remercie au passage notre podologue pour ces soins d’hier soir qui me permettent de courir sans aucune douleur. Nous avons encore 1 km de sentier forestier avant d’atteindre la plage. Dernière dune et la plage est là. 9 kms de sable pour boucler cette semaine trans aquitaine. Jean-Luc un nantais nous accompagnera sur cette dernière ligne droite. La marée est descendante, nous sommes au bord de l’eau à la recherche du sable de plus dense. L’allure et soutenue. Les km passent rapidement. Une silhouette qui nous est très familière arrive à notre rencontre : Yoyo. En ami fidèle il a enfilé short et chaussures et nous accompagnera pour ces 4 derniers km. Cécile, sa fille nous fera également le plaisir quelques km plus loin de venir nous accompagner. Je savoure ces derniers kms en compagnie d’Hélène, Cécile et Yoyo. Lionel nous encourage pour ce finish qui ne pouvait pas être plus beau. Ce sont des moments très forts en émotion, des instants uniques,….. Dernier passage de sable mou pour remonter la plage, nous passons pour la dernière fois l’arche main dans la main. Gérard, l’organisateur est sous l’arche pour nous accueillir et nous féliciter pour notre course.

Nous finissons cette 6ème étape en 2h41 pour un objectif au environ de 3h00. Au global nous avons couru 30h20 pour couvrir les 205 km de cette Trans Aq 2011. Dans nos espoirs les plus optimistes nous tablions sur 30h00, sans km supplémentaires de l’étape de nuit nous serions pilou dans les temps. Une aventure que nous avons vécu chaque minute pleinement, avec ses moments de rencontres, de partage, de doute parfois, difficiles aussi, mais toujours avec le plus grand des plaisirs.

Fin d’une belle aventure que je souhaite à tout coureur de pouvoir vivre au moins une fois.

 

Je remercie vivement Gérard, l’organisateur et tout son staff pour la qualité de l’organisation, plaçant au centre de ces préoccupations la sécurité et le bienêtre des coureurs qu’il a accueilli. Un staff, qui, à toute heure, nous a encouragé, réconforté, soigné,… Il a su nous offrir une semaine unique, nous faire découvrir des paysages somptueux et encore préservés.

 

Je pense aussi à tous les jacquolandins qui au fil de ces 6 mois nous ont encouragé, à tous les messages que nous avons reçu durant cette semaine. Soyez remercié pour tous ces témoignages de sympathie. Ils nous ont réchauffé le cœur, et boosté pour passer les (rares) moments difficiles que nous avons rencontrés.

 

Merci à Hélène pour son amitié sans faille. Une amitié qui se tisse à chaque km partagé. Merci pour sa générosité, son inaltérable bonne humeur malgré les affres de la vie et son soutien inconditionnel.

Enfin merci à Maylis, Laura et Martine, les 3 amours qui partagent ma vie, pour m’avoir permis de m’entrainer pendant de longues heures et vous abandonner une semaine pour vivre des moments uniques.

FIN

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dim.

05

juin

2011

TRANS AQ 2011 par Hélène

TRANS’AQ 2011

 

Plusieurs jours ont été nécessaires pour ‘décanter ‘ cette semaine de raid transaquitain !

Près de 200 inscrits, mais seulement 135 partants !

130 finishers  sont à St Girons ! un bon cru au sein duquel j’ai pu parcourir ces 204 km de sable, de plage, de dunes et de forêts ! 85ème pour 30h20 de course !!!

6 belles étapes nous ont fait progresser tout au long de ces chemins magnifiques avec de superbes vues parfois, comme cette 2ème étape, point de vue d’un côté de l’océan et de l’autre du lac d’Hourtin ! ou comme ces forêts de pins landaises tout en hauteur et en senteur, nous montrant ô combien ce pays n’est pas le plat pays que l’on croit ! la dune de Pila bien sûr …

Expérience unique et fantastique mais qui serait incomplète si j’oubliais l’ingrédient principal qu’est l’amitié partagée tout au long de tous ces kms avec mon ami de grand chemin qu’est Pierrick ! et aussi la rencontre avec d’autres aventuriers, pour certains déjà étoilés car récidivistes en la matière !!!

Prologue :

Cette Trans’Aq me fait rêver depuis plus d’un an ! et en septembre, je me lance et m’inscris !

Une préparation sans faille depuis de nombreuses semaines, des discussions à n’en plus finir sur le meilleur équipement qui soit, sur le plus léger, sur les meilleurs lyophilisés que nous ne manquons pas de ‘goûter’ …. Pendant ces samedis d’entrainement et d’essayage du sac et de son chargement, sur le halage et les sentiers pentus entre St Malo de Phily et St Senoux , nous sommes souvent accompagnés de notre ami Lionel, une façon pour lui de participer à notre prochaine aventure ….

Après les 250 km de désert Marocain fin février, , j’avais intégré dans mon programme les 83 kms de l’Eco trail de Paris fin mars, avec Pierrick ! sur le coup, pas franchement une réussite (sauf pour Sylvie) ; en gros, nous subissons tous les 2, à chacun sa manière, cette course ! cela nous amène à bien réfléchir sur la façon d’aborder nos prochaines semaines d’entrainement pour ne pas se rater et bien vivre la Trans’Aq ! au final donc, une expérience qui nous a permis de nous ‘recaler’ en nous posant les bonnes questions … l’enjeu est de taille et il n’est pas question de se louper !!!!

La semaine précédant le départ sera difficile pour moi car mon père est hospitalisé et les nouvelles ne sont pas bonnes … cela m’amène à me poser la question de participer ou pas à ce raid !!! grosses angoisses … une fin de préparation en rade… la situation semble se stabiliser, l’encouragement de mes frères et sœurs qui me rassurent quant à leur présence ….. je décide de partir malgré tout : le sac est terminé à la hâte,( heureusement que je m’étais bien avancée ….)

Samedi midi, je prends le départ avec ma voiture et passe prendre Pierrick ! je suis partagée entre la joie de faire cette course et la culpabilité de laisser ma famille dans un tel moment ….. l’angoisse se manifestera tout au long de cette journée de transition (Pierrick en fera les frais…. mais il me comprend et me réconforte en réparant téléphone bloqué (par ma faute), et plus tard, dans la soirée, ma nouvelle lampe frontale que je n’ai pas essayé et qui ne s’allume pas : je panique … (je n’ai pas appuyé assez longtemps !) .... J’en oublie sûrement !!!!merci Pierrick pour avoir su rester calme et efficace !!!!...

il faut que je m’apaise, que je m’autorise le plaisir d’être là !!! dès l’arrivée vers 18h au camp d’Hourtin, un groupe de 5 filles Luxembourgeoises m’interpelle : ’Hélène, dossard 26’ : ravies de te voir, et bien le bonjour d’Antoine (copain de course du raid au Mali, il y a 18 mois) ! elles sont sympa, Nous décidons de nous installer dans la même ‘fleur’ qu’elles  (3 tentes de 3 personnes pour 1 réchaud à partager)! cette fleur répondant au nom de ‘la dune d’amour’ ! elle nous comptera donc parmi ces 9 membres … !

un frugal repas le samedi soir et 1ère nuit sous la tente , test nature du ‘light’ : du ‘matelas’ ultra léger’ qui s’avère surtout ultra mince, le sol est dur et il fait froid ! …ben oui, le duvet étant, lui aussi, ultra léger donc pas ultra chaud !!!!! ça nous met dans l’ambiance !!!

Hélène et les garçons sera la devise de la semaine car je partagerai aussi la tente avec Philippe, un ‘local’ qui a déjà l’expérience de la Trans’Aq 2009 ! je suis en charmante compagnie…

Dimanche :

L’épreuve tant redoutée de la pesée des sacs s’effectue sans encombre : la moyenne est de 5.5 kg et c’est 5.4 qui s’affiche !!!! le sac de réapprovisionnement du milieu de semaine doit faire moins de 3 kg : 2.98 Ouf !!!!!! tout va bien … il reste maintenant à patienter jusqu’au lendemain matin en papotant avec les uns et les autres …et en jouant à la plus belle momie de nos petons respectifs ! … chacun a son expérience, son idée sur la façon d’aborder ce raid !

Pierrick et moi avons décidé de faire la course ensemble toute la semaine ! Inch Allah !!!

Un briefing de Gérard qui explique l’utilisation du road book et du vocabulaire particulier à la qualité des chemins : S0 :pas de sable …. Jusqu’à S6 : sable mou partout, sans moyen de l’éviter … !!!

une 2ème nuit plus douce que la 1ère et c’est l’autonomie qui commence ainsi que la 1ère étape !

6h30, tout le monde debout, rangement du matelas et duvet, préparation du petit déj en attendant son tour pour le réchaud …. une musique des Pink Floyd signale le ralliement de tous les coureurs, (se sera cette même musique qui annoncera le ralliement tous les matins) puis un mot de Gérard et c’est parti !

1ère étape : Piqueyrot/la Gracieuse – 26.3 km, 342 m + et – Etape courte mais variée et difficile !

Stratégie du jour : rester en ‘dedans’ ; atteindre l’arrivée, sans se perdre et se fatiguer ! durée visée : 3h47 pour un cut off de 4h47 ! donc aucune pression, y’a le temps !

On longe le lac plusieurs kms avant de faire un demi-tour par la forêt et expérimenter la réalité des chemins S3, S4 .. S5 voire S6 pour grimper la dune qui nous amène sur la plage pour quelques kms ! c’est beau, tout va bien … heureux d’être là !

on repasse la dune, 16.8 km de faits et le 1er ravito est là ! enfin, de l’eau uniquement ! rempotage et encouragements des bénévoles , pointage … et l’arrivée après 10 autres km ! toujours sur le bord du lac d’Hourtin !

Et de 1 en 3h47 ! et 100ème tout rond ! pile poil dans le teaming !

Lavage, que dis-je décrassage dans le lac, pas d’autre point d’eau !

repos à l’ombre des pins …. Popote et dodo ! il faut être en forme pour demain !

2ème étape : La Gracieuse/ Le Lion – Etape longue de 40.6 km, 410 m+ et – 5h40 et 78 ème

Stratégie du jour : gérer l’allure ! durée visée : 6 h ! après quelques beaux chemins forestiers bien sablonneux, traversée d’une dune et c’est la plage …. 6 km ! Pierrick, en lecteur avisé du road book, décide de faire une ‘variante’ et de rester sur la plage pour au moins 6 autres kms …. Nous sommes nombreux à adopter cette stratégie : le sable est humide et tassé, donc pas de difficulté pour avancer… il fait beau … magnifique moment… on s’aide mutuellement pour rester dans l’allure sans accélérer ! il faut rester prudent et retrouver la piste initiale car rater le ravito serait synonyme de rebrousser chemin avec des kms à rallonge !!! bien nous en prend, une fois la dune traversée, c’est le ravito qui est en vue , droit devant nous ! Yes, fierté d’avoir ‘visé juste’ ! 18.4 km de faits, rempotage des bidons ! sentiers forestiers avec tout type de sable bien sûr, traversée de pare-feu, S6 assuré ! on laisse la forêt pour longer le magnifique et paisible lac de Lacanau ! de bien jolies bicoques profitent de ces belles vues, quelques photos et c’est sereins que nous suivons l’unique sentier du bord de lac ! 2ème et dernier ravito, Philippe est là, il semble fatigué, il se repose un peu, nous lui proposons de se joindre à nous ! on bifurque à nouveau dans la forêt, dévastée par endroit, paysage lunaire… et surtout en qualité S4 et S5 …traversée ‘sauvage’ pour couper quelques angles à 90° ! et c’est l’arrivé avec sa maison forestière et son unique point d’eau sous forme de ‘pompe’ à eau désamorcée !!! chacun devra pomper pour son copain et inversement s’il veut se laver ! authenticité et fraicheur assurées !

C’est donc 3 colocataires souriants, main dans la main, qui franchissent l’arrivée !

Et de 2 : 5h40 (pour un cut off de 8h08) et 78 ème au classement du jour ! tout va pour le mieux !

Distribution générale d’1 fruit, yaourt et pain : hum, ça fait du bien !

quelques douleurs aux pieds se sont fait sentir durant cette étape et il faut maintenant regarder dans quel état ils sont ! bien sales déjà, faut laver avant de faire le diagnostic ! grosses ampoules sur le côté de chaque gros orteil ainsi que sous chacun des 2 petits orteils ! bon, ben, faut sortir la grosse artillerie ! sous le regard dubitatif et un peu effrayé de Pierrick et Philippe ! je ne suis pas rassurée, moi non plus !

seringue, éosine : piquer, aspirer, réinjecter ! aîe aîe aîe, ça brule dur ! et ré-aspirer!

Facile non ? ….. enfin, plus facile à dire qu’à faire !! la podo surveille son petit monde et se propose de me donner un coup de main ! je suis assise, heureusement, car elle y va plus franco que moi et je défaille sec ! je dois m’allonger, tout tourne …. 5 mn à attendre que ça passe ! sous l’œil bienveillant et attentif de mes 2 colocataires !!! …faut laisser sécher tout ça et attendre demain matin pour refaire les pansements ! bon alors, maintenant que ça va mieux : popotte et dodo ! pas facile car les ampoules me ‘lancent’ ! je me résous à prendre un doliprane pour trouver le sommeil ! j’appréhende un peu : demain sera la journée la plus longue!

3ème étape : Le Lion/Cap Ferret – 58.1 km – 310 m + et -  DEPART 7H30 !

Départ pour la moitié des coureurs 1h30 avant les 75 mieux classés (dont Philippe fait parti)

Un sommeil en pointillé fait que le réveil est difficile ! je dois faire les pansements sur les ampoules ! mais avant, il faut recommencer la séance seringue, éosine…. Car tout ça s’est reformé pendant la nuit : je perds donc énormément de temps à soigner mes pieds et donc, le temps passant, je m’affole un peu  voire beaucoup ! pas franchement bien organisée sur ce coup là ! je dois aussi m’alimenter en prévision de ces longs et fastidieux kms où l’on nous promet terrain difficile et montagnes russes à n’en plus finir …. Bref ! je prends le départ sans avoir fait de toilette ! à la guerre comme à la guerre !… C’est parti pour les réjouissances annoncées et direction Cap Ferret ! pas de panique tout de même car le cut off est de 12h55 ! tant de temps accordé laisse deviner quelques belles difficultés … quelques coupes sont possibles ! bof ; pas intérêt de louper contrôles, balises et ravito …. Donc, pas de prises de risque, c’est le chemin balisé qui sera suivi !!! même si, au bout de quelques kms, on voit débouler devant nous toute une troupe qui a, très vite, coupé et gagné ainsi quelques précieux kms et minutes … bon, tant pis ! c’est le jeu …. Quelques kms plus loin, ce même groupe quitte, à nouveau, le chemin et décide de se guider à l’azimut, normal, ce sont de jeunes militaires qui mènent le jeu ! la prudence cependant est de mise car si la ‘coupe’ est tolérée, elle doit se faire par chemins et pare-feu seulement : interdiction d’abimer la forêt en traversant à tout va et sans repère !!!! question de sécurité et de respect du travail de l’ONF !!! …. Bon vent donc à ces hasardeux ! 

Un groupetto s’est formé et c’est à 6 que nous cheminerons tranquillement toute la journée : Pascal et ses bâtons, Pascale, Béa, Arnaud, Pierrick et moi bavarderons donc, au gré de l’allure et de l’humeur de chacun de choses et d’autres …. En alternant marche et course selon le terrain et le dénivelé !!! ce rythme permet d’apprécier le paysage forestier qui sent bon le pin et la fougère !!! l

18.3 km et le 1er ravito est là : rempotage et encouragements de nos sympathiques bénévoles avant de traverser le canal : c’est joli comme tout et quelques photos viendront mémoriser ce bel endroit … plusieurs contrôles successifs … pour empêcher quelques coupes bien tentantes … retour sur les sentiers forestiers …. le groupetto suit sagement le balisage … tranquillement pour rejoindre le 2ème ravito au 35ème km ! il faut se restaurer un peu …. Il reste encore une bonne vingtaine de kms à parcourir et les montagnes russes à franchir … sous le soleil de mi-journée ! nous voyons les 1ers de la course, partis 1h30 après nous, dépasser à une allure que nous leur envions un peu ! très étonnés par contre de n’avoir pas vu Guillaume, 1er au classement !!!! il surgit, tout à coup, affolé de s’être perdu pendant 45 mn environ !!! hé oui, y’a des risques qu’il faut assumer quand on ‘coupe’ !!!! il court à une vive allure … et surtout vers le drame de la journée, car il va ‘exploser’ en vol et décider d’abandonner !!! nous le retrouverons un peu plus tard, sur le chemin, en sens inverse … pas content du tout …. Dommage pour lui d’avoir craqué car il avait sans doute les compétences pour revenir dans la course !!! sa décision ne fera pas l’unanimité au sein des coureurs …

Nous attaquons maintenant la partie ‘montagnes russes’ sous la chaleur en pataugeant dans toutes sortes de sable, mou le plus souvent ! chaque ‘sommet’ grimpé permet d’apercevoir le prochain ! la patience et la détermination de chacun nous amène bientôt au dernier ravito ! il était temps car les réserves d’eau se sont épuisées et Pierrick n’est pas au mieux de sa forme à ce moment-là ! on rempote, on pointe et je repars en laissant Pierrick se reposer un peu, je marche car si j’arrête, mes pieds me font trop mal pour repartir !!! le groupetto à 6 se reforme après un petit km sur piste cyclable, bienvenue après le dénivelé incessant des 10 kms précédents ! on bifurque sur la droite, un ultime franchissement de dune et c’est la plage pour un peu plus de 6 km !

Et c’est parti pour trottiner et atteindre St Jean Cap Ferret ! je cherche le sable dur et flirte avec les vagues, traitresses car, par 3 fois, je me fais copieusement arroser …. Quelques bunkers rattrapés par la mer, avant d’être complètement engloutis dans les prochaines années… jalonnent la plage, l’arrivée se fait désirer dans une jolie brume d’embruns et ne se découvre qu’au dernier moment ! nous avons couru à 6 toute la journée, nous nous attendons avant de franchir la ligne d’arrivée ensemble ! en un peu plus de 9 h ! (temps estimé avant départ de 9h et un cut off de 12h55 !) tout va bien d’autant plus qu’une bouteille d’eau pétillante est remise à chacun en même temps que notre sac de ravitaillement du 3ème jour !( recharge en nourriture et linge propre)

Le campement est installé sur la plage …juste derrière , quelques restos et pizzerias …. Hum, ça sent bon, il faut juste passer devant pour aller se laver au tuyau mis à notre disposition ! confort bien sommaire donc … mais cela ne me dérange pas ! le côté ‘spartiate’ du raid me convient bien, il fait partie intégrante de la Trans’Aq !

Il y a du vent …. Du sable un peu partout dans la tente… en baroudeurs aguerris, cela ne nous empêche nullement de deviser tranquillement en récupérant …. En mangeant …. Chacun fait sa tambouille, fait sécher sa lessive… soigne ses pieds…. J’assure ma séance de piqures, éosine…. En vieille habituée ! repos jusqu’à demain soir, donc y’a le temps pour tout faire … sans stress et surtout j’en profite pour trainasser et me reposer ! une bonne nuit douce et complète, bercée par le vent, et c’est le grand jour : celui de la Dune du Pila que tous, nous attendons et redoutons aussi !

Dans la matinée, à 11 h : récupération des sacs qui déleste chacun de son ‘superflu’ ! je cherche surtout à partir avec un poids minimum !!! puis à 14 H : il faut quitter notre tente, et regagner un jardin public où chacun se prépare !!!

Un passage en Zodiac pour traverser le bassin d’Arcachon et nous sommes au pied de la dune ! il reste quelques heures avant le départ !

Tout en préparant mes pieds, je lève les yeux et vois notre Yoyo jacquolandin chercher ses amis au milieu de tout ce joyeux capharnaüm !!! avec mon photographe attitré Jean-Jacques   arrivent aussi Véro et Cécile : des retrouvailles bien sympathiques sous le regard étonné et envieux des autres coureurs !!! quelques bisous… quelques commentaires sur l’état de mes pieds que je prépare pour l’étape de nuit et si possible celle du lendemain !! et c’est bientôt le rassemblement sur la plage pour un départ imminent juste avant la tombée de la nuit ! pas de road book pour cette étape de 28 km : le balisage se fait à l’aide de petits bâtons lumineux …

4èem étape  : LE PILA SUR MER – LAC DE CAZAUX – 28 km –

Une modification de dernière mn nous emmène dans les rues de la ville pour 2 petits kms et c’est par la plage que nous donnons l’assaut durant de longues mn de grimpettes pour atteindre le sommet du Pila et longer durant 2.5 km ses crêtes toutes vallonnées ! une belle descente à fond les ballons dans du sable bien mou et c’est de nouveau la plage pour 6, 7 bons kms … attention, il fait nuit et d’immenses cannes à pêche nous barrent le chemin ! soit on contourne mais le sable est mou, soit on passe dessous avec le risque de se prendre les pieds dans le fil …. Prudence est de mise …. Un signal lumineux nous indique de rejoindre la dune, et c’est 700 m de ‘bac à sable’ bien mou, la patience est de mise avant de pouvoir, enfin, vider tout le sable rentré dans les chaussures même, avec les guêtres …. Le plus dur est derrière nous…. Le terrain va être forestier …. De longues lignes droites … en faux-plat, je peine un peu ce soir, à cause des douleurs aux pieds … j’essaie de ne pas y penser mais le moindre caillou, la moindre pomme de pin me fait crier !!! il faut avancer… nous sommes avec Arnaud et Béatrice ! … l’allure est bonne …. Je décroche de plus en plus ! je préviens que je ne regarde pas les balises ! j’essaie juste de m’accrocher aux talons de Pierrick ! il m’attend ! je ne parle plus (mauvais signe) ! nous ne sommes plus que tous les 2 ! sur une belle ligne droite, juste après un pointage et ravito, nous ratons une balise, un coureur ou 2 nous emboitent le pas ! puis un carrefour…. Sans balise : zut, m …e !!! flûte, il faut rebrousser chemin ! nous avons fait 800 m au moins de trop dans du sable mou … demi-tour ! et nous retrouvons la balise et le bon chemin ! cet incident m’a fait prendre conscience de mon état mental ! il faut réagir : ça me ‘réveille’ du coup et maintenant, nous sommes 2 à bien suivre les balises…. Du monotrace qui sent bon la fougère et le pin …. Un ciel magnifique, rempli d’étoiles !!! moment de grâce ! tant pis pour les ampoules, c’est pas elles qui vont faire la loi !

Nous avons perdu du temps et retrouvons un rythme plus ‘vigoureux’ ; nous rattrapons ainsi nos amies luxembourgeoises, ainsi que Pascale …. Nous cherchons tous ensemble le chemin, car il manque une balise à un croisement …. Demi-tour, discussion et nous repartons …. Nous retrouverons plus loin la balise…. Chacun reprend son rythme mais nous arriverons tous ensemble, à quelques mn d’intervalles ! temps estimé 4h30 ; temps réalisé 5h ! pour un cut off de 5h30 ! … ouf, le temps imparti était un peu ‘short’ et le fait de s’être perdu aurait pu nous coûter cher !!!

nous nous retrouvons donc autour d’une soupe bien chaude et d’un petit verre de vin blanc de la région !.... je suis crevée ! il est plus de 2h du matin … j’ai enlevé mes chaussures… je laisse Pierrick attablé … et je pars me coucher … je pars dans la mauvaise direction et rejoins les tentes oui ! mais des organisateurs et bénévoles !!! c’est pas par là ! un gentil bénévole me raccompagne jusqu’à ma tente ! il m’a demandé le nom de fleur : je réponds ‘dans le gaz’ qu’elle s’appelle ‘les tatas flingueuses’ ! il ne connaît pas… et insiste donc pour que je lui donne la bonne réponse… après réflexion, c’est la ‘dune d’amour’ ! Zut, j’ai plus toute ma tête ….. je retrouve Philippe qui nous a mis   1 h dans la vue et essaie de dormir car certains anglais ne sont vraiment pas discrets ! ça rigole… ça parle fort… je passe d’autres détails … je me couche toute frigorifiée car je suis trempée de sueur mais je n’ai pas le courage de me laver ni de me changer ! d’ailleurs, on n’y voit rien et je ne sais pas où aller …. Il ne reste que quelques heures pour dormir avant de prendre le bus à 9 h pour 2 h de trajet et rejoindre la forêt landaise ! réveil habituel à 6h30 ! un café avec le pain d’hier soir, donné à l’arrivée ! j’y ajoute du miel et me chauffe un café ! quelques photos de ce joli coin, complètement ignoré quelques heures auparavant ! à cause de la nuit et de la fatigue !!!

j’ai les yeux tout gonflés !!! je n’élimine pas assez vite les toxines se trouvant dans les reins !!! tant pis, il faut continuer ! le car nous dépose dans une forêt et c’est reparti pour 28 bornes !

5ème étape– MIMIZAN/ST JULIEN EN BORN

Il est 11h15 ! de la piste cyclable d’abord, puis ce sera du chemin forestier pendant toute l’étape ! la forêt landaise est différente ! les chemins plus larges, un sable moins ‘fuyant’, des montées et descentes régulières et moins ardues ! nous marchons, nous courons comme lors de la 3ème étape ! une partie du groupe s’est reformée  avec Pascal et Béa !

Nous avons plaisir à partager ces moments…. Nous prenons quelques photos entre contrôles, ravito et balises de pointage ! une étape sans grand souci … les pieds font toujours mal mais j’ai décidé que ça ne me ferait pas ralentir ni me plaindre … alors, il avance, le petit soldat et attend patiemment la ligne d’arrivée qui se fait, main dans la main ! dans le camping ! sous les encouragements et bravo de ceux qui nous ont précédés !

cut off : 5h06 ; temps réalisé : 4h !!! pour un temps espéré de …. 4H !

Un magnifique lieu que ce camping, équipé de douches chaudes !..... quelques mn de repos, les jambes en l’air, calées sur le tronc d’ un pin …

puis une 1/2h sous l’eau chaude ! quel plaisir ! je ressors de là après avoir tout lavé : le coureur et les sous-vêtements, short et maillot… essoré, tout ça est remis directement sur moi !!! ben oui ! il fait beau et ça va sécher tout seul et très vite !!!

Juste les chaussettes sont mises sur un fil de fortune ….

Puis c’est un passage obligé vers la tente des podos ! quelques ampoules sont en cours de guérison mais hélas, pas toutes et c’est pas beau, beau ! une pommade va venir désinfecter tout ça et demain, avant le dernier départ ! je referai les pansements ! cela ne m’inquiète plus trop car, il y a comme de la ‘légèreté’ dans l’air cette fin d’après midi ! nous savons toutes et tous que, sauf gros pépin de dernière minute, nous sommes finishers et le but est donc quasiment atteint !

Tout a un goût de dernière fois : le campement en ‘fleur’ au sein duquel nous partageons notre dernier repas ! Philippe en a assez de son riz au lait lyophilisé ! je lui propose mes pâtes bolo en échange ! généreux, il me donne son riz au lait sans rien en retour ! faut dire que mes pâtes bolo n’étaient pas des plus appétissantes !!!! je me régale donc de ce très acceptable riz au lait ! la soirée est agréable ; il fait doux ! et nous sommes détendus ! il n’est pas 20 h que je suis déjà allongée dans la tente, j’écoute mes 2 copains de chambrée raconter leurs histoires et anecdotes…. Je m’endors très vite !!!! une bonne nuit pour bien récupérer car Pierrick veut, pour cette dernière étape, ‘taper dedans’ ! à bon entendeur …. Plus question de gérer l’allure, il faut ‘lâcher’ les chevaux ! heu… ça fait quand même 5 jours que nous courons, de jour comme de nuit, sur tout type de terrain et avec notre sac quand même … rien n’y fait, il semble déterminé ! bon, on verra bien !

6ème étape : ST JULIEN EN BORN-ST GIRONS-PLAGE

Le départ est donné alors même que nous arrivons tranquillement sous l’arche …. Ça part très vite ! je cherche du regard Pierrick ! il s’est positionné devant moi et semble décidé à mener une allure … très soutenue ! les 1ers kms sont difficiles, j’ai du mal à suivre le rythme ! je vois Pierrick se retourner régulièrement !!! ‘non mais ça va pas ! lui ! il est fou ce matin ou quoi ! …. ‘ je peste intérieurement … cependant, je ne lâche pas et suis, peu à peu, plus à l’aise! je me fais pourtant doubler, j’emboite le pas tant que je peux à mon lièvre de fortune…. Ça monte, je marche….on traverse du sable mou, je marche … et me focalise sur ma respiration pour récupérer au mieux ! .. Tant pis pour Pierrick ! soit il attend, soit il continue tout seul et arrivera tout seul !.... non mais ça va pas de penser ça ! je sais que nous franchirons la ligne d’arrivée ensemble ! je n’en doute pas une mn même ! je repars de plus belle et le retrouve au ravito ! 14 kms de faits ! il en reste 9 et c’est ensemble que nous continuons en franchissant une dernière dune avant d’aligner les derniers kms sur la plage ! la mer se retire et je longe le sable humide ! l’allure est soutenue et régulière ! les kms défilent ! c’est ainsi que nous voyons arriver notre ami Lionel, en tenue ! il vient faire les 4 derniers kms avec nous ! je suis bouleversée par une telle marque d’amitié et d’encouragement ! je change de mollets, je passe de ceux à Pierrick, en grande forme ce matin à ceux de Lionel pour imprimer l’allure et ces derniers moments forts en émotions, heureuse d’avoir été jusqu’au bout et triste que cette belle aventure se finisse déjà ! l’arrivée est là, devant nous ! des applaudissements … des instants immortalisés en photos par Jean-Jacques ! le sourire ému de Véro et Cécile …. Et nous franchissons, main dans la main, l’arrivée finale ! séquence émotions fortes … soulagement certain d’avoir atteint le but fixé et fin de l’aventure ! de cette belle semaine de partage des rigolades, des galères, des bobos, de la convivialité … une semaine où, à aucun moment, il n’y a eu une envie d’arrêter, une déception de l’autre ou de l’organisation… rien à jeter, tout à garder dans sa tête et dans son cœur !!!

Un peu plus de 30 h de course en 6 étapes à une allure menée et gérée du début à la fin, sans avoir à subir les difficultés, juste les accepter comme telles, les unes après les autres….pour atteindre l’arrivée dans le teaming que nous nous étions fixé, Pierrick et moi ! objectif atteint là-aussi !

A revivre un jour, ailleurs…. Où authenticité et humilité seront toujours les maitres –mot !

Il faut juste prendre le temps de vivre et revivre cette parenthèse hors de tout quotidien ! en se disant :

je l’ai fait !

après ces quelques jours et semaines passés ; je suis toujours autant impressionnée par la qualité de cette aventure …. Et plus riche de toutes ces images et émotions ! merci à la vie, et à ma famille pour m’avoir permis de vivre ce moment ! merci à Pierrick et à son attentive amitié sans faille, tout au long de cette aventure ! merci aussi à Philipe pour sa gentillesse et sa bonne humeur !

merci à mon association qui n’a eu de cesse d’envoyer messages et messagers pour participer à sa façon à notre belle épopée ! une pensée aussi pour le forum avec lequel je partage expériences et CR qu’est Pcap et ses adhérente)s !

un planning 2012 enrichi de cette expérience unique qui va me conduire à la découverte d’autres chemins et contrées ; que j’espère pouvoir partager avec les uns ou/et les autres !!!

FIN !

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Sortie trail au Boël - 27 décembre 2011

Il fait 1 voir 2 degré au dessus de 0, lorsque le groupe d'une dizaine de courageux(ses) se forme au moulin du Boël en ces derniers jours de décembre.

Pendant 1h30 nous suivrons le GR 39 puis divers chemins tout autour de ce magnifique espace au sud de Rennes. Il fait donc frais, le brouillard nous privera des magnifiques point de vue sur la vallée de Vilaine, mais l'ambiance est chaleureuse. Les pluies des dernières jours a rendu les chemins glissants, voir boueux par endroit, mais qu'à cela ne tienne, le plaisir de partager cette dernière sortie en extérieur est au rendez-vous.

1h30 de bonheur, 13.50 km de plaisir d'être ensemble et le voeux pour 2012 de nous retrouver le plus souvent possible.

Pierrick