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A méditer ….

Rubrique glanant des articles de presses abordant des sujets sportifs en général et de la course à pied en particulier.

Votre contibution est bien sûr la bienvenue

Je vous propose un article paru dans le magasine L’Equipe lors du Tour de France 2013. Cet article montre, s’il en ait besoin, tous les bienfaits du cyclisme en particulier et du sport en général. Pour nous coureurs à pied, cet article est facilement transposable à notre activité. Sur cette échelle qui va, de Monsieur Tout Le Monde au vainqueur du Tour, chacun trouvera sa place et surtout ses motivations pour essayer de grappiller quelques échelons. Bonne lecture.

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M. PAS-TOUT –LE-MONDE

En quoi un coureur du Tour est-il physiologiquement différent des personnes que nous sommes ?

 

Le cerveau : tout passe par le cerveau. Il régule l’ensemble des systèmes fonctionnels grâce aux expériences vécues. Avec la compétition et l’entraînement, un coureur va stocker une grande quantité d’informations utiles à sa performance et l’utiliser de manière consciente ou inconsciente. Toutes les informations se recoupent en synergie et permettent à l’organisme de mieux se réguler(le corps reconnait l’effort), de même que certains automatismes se créent en course. C’est un capital dont ne dispose pas un non-sportif. Certains coureurs ont une capacité à diminuer les effets de la douleur sans que l’on sache vraiment l’expliquer scientifiquement. Ils secrètent une grosse quantité d’endomorphines qui aboutit à une forme de « sublimation » hormonale. Une personne lambda ne connaît pas cette étrange alchimie.

 

Les poumons : pendant l’effort on « hyperventile ». La ventilation pulmonaire s’améliore avec l’entraînement : on a des muscles respiratoires – des muscles pour inspirer des muscles pour expirer – que l’on développe avec l’exercice. Un coureur a une meilleure capacité ventilatoire qu’un sujet sédentaire : il va expirer plus facilement son gaz carbonique et inspirer plus facilement l’oxygène. Lorsque l’on consomme une quantité de 100 en oxygène, il en ressort au mieux 23 en terme de puissance mécanique sur le pédalier pour faire avancer le vélo. C’est ce que l’on nomme le rendement énergétique. Tout le reste est dissipé en chaleur et au travers des différentes réactions biochimiques. L’homme est donc un piètre transformeur d’énergie. Mais le coureurs s’en sort mieux qu’une personne lambda qui serait, elle, capable de sortir seulement 17-18 unités sur cette échelle de 100.

Les muscles : un muscle c’est comme un stère de bois où les rondins empilés sont les fibres. On en a 3 types : les lentes (chez les grimpeurs), les rapides (chez les sprinters), et les intermédiaires. L’entraînement permet de multiplier, de grossir et de mieux innerver ces fibres. Quand un coureur active 100 fibres, le sédentaire n’ne utilise que la moitié. Mieux même elles vont  mieux se synchroniser chez le coureur. Prenons l’exemple d’un orchestre : avec 20 violonistes mais sans chez d’orchestre, l’ensemble risque d’être peut harmonieux. L’entraînement permet d’avoir un bon chef d’orchestre et de recruter plus de musiciens. Un sédentaire va avoir les jambes qui brûlent en montant plusieurs étages par l’escalier. Il s »arrête et repart, pourquoi ? Parce qu’il se met rapidement en « lactiques » c’est-à-dire que sa consommation d’oxygène ne suffit pas à supporter l’effort engendré par la montée des marches. Quand l’effort ne permet plus d’être en équilibre avec la consommation d’oxygène, on pioche dans le glycogène, le sucre stocké dans les fibres musculaires. A noter que l’entraînement a pour effet d’augmenter les stocks de glycogène, ce qui permet à un coureur de multiplier les attaques, là où un seul effort condamne un sédentaire. En allant chercher ce glycogène, on produit obligatoirement du lactate, dont on dit que c’est un poison, un déchet (ce qui n’est pas tout à fait le cas), et ce lactate va acidifier les fibres musculaires qui travaillent (c’est pourquoi on parle communément d’acide lactique). La cuisse et les mollets brûlent. Le coureur a une tolérance lactique qu'il peut multiplier par 3 ou 4 par rapport à un sédentaire, c’est-à-dire qu’il peut supporter une grande quantité d’acide lactique dans le muscle.

 

Le cœur : Le cœur d’un coureur expulse 34 litres de sang/minute vers les artères à 190 pulsations. Avec la même fréquence, un homme non entraîné va libérer 22 l/mn. A chaque battement, le ventricule du coureur contient 63% de sang « neuf » (oxygéné par le poumon) de plus que celui d’un sujet lambda. Le sang transportant l’oxygène vers le muscle, on comprend l’intérêt d’un tel débit ! Le coureur n’augmente pas seulement le volume de ses cavités cardiaques, mais aussi la force de contraction du cœur qui injecte plus rapidement et plus vigoureusement le sang oxygéné par les poumons vers les artères. Au repos, le pouls du coureur est beaucoup plus faible – entre 40 et 50 pulsations/mn - que celui d’un sédentaire, autour de 60-70. Cet écart de 20 pulses se retrouve aussi à l’autre extrémité, quand le cœur bat vite pendant l’effort, soit une amplitude supérieure de 40 pulsations pour un coureur. Enorme. IL existe de grosses disparités chez les coureurs : certains situent leur fréquence cardiaques entre 182 et 185 pulsations, quand d’autres affichent 202-205, sans que l’on comprenne pourquoi ni que cela ait des conséquences sur la performance.

 

Le « bassins-fessiers » : Un vainqueur potentiel du Tour a des segments légers, et des membres inférieurs fins. Il a aussi un bassin très fin – appelé dans ce cas « bassin-fessier » -, car il doit mettre en mouvement un minimum de poids quand il est en danseuse. Il développe donc beaucoup de puissance par rapport à son poids : c’est fameux rapport poids-puissance calculé en watts/kg, dont vous entendez souvent parlé.

 

Les hormones : L’homme a un système de régulation interne qui fait qu’entre les charges de travail, la récupération et la compétition, le corps se retrouve un équilibre fonctionnel sûr. Dans une course par étapes, l’organisme est biologiquement perturbé (la raison pour laquelle, par exemple, un taux de cortisol peut s’effondrer). Il s’adapte donc à travers ce qu’on appelle la phrase d’assimilation, c’est-à-dire que le système hormonal cherche à reprendre le dessus et va essayer pendant plusieurs jours de ramener le système à un équilibre stable. Le phénomène est nettement plus basique chez un sédentaire, qui modifie par exemple son système hormonal avec le stress. Mais le coureur, lui, entre le stress, l’entraînement et la compétition, passe son temps à bousculer son propre système hormonal, qui génère ensuite les adaptations. Par ces adaptations, il se distingue de Monsieur Tout Le Monde.

(Article paru dans le magazine L’Equipe –juillet 2013 – rédigé par Gilles Comte et Fred Grappe, docteur en physiologie du sport)

 

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